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Continuer la lectureCoup de mou et changement de tête chez Boulanger
Le distributeur de produits électroménager et high-tech a vu ses ventes chuter en 2022. Son directeur général va être remplacé prochainement.
Fin de l’euphorie chez Boulanger. Le réseau de magasins de produits électroménager et high-tech a, selon nos informations, bouclé l’exercice 2022 en affichant un fort recul de 5,9 % de son chiffre d’affaires pour tomber à 3,6 milliards d’euros HT. Cette contre-performance intervient après deux années...
À titre de comparaison, le Gifam, groupement des marques d’électroménager a fait état d’un léger recul de 2,1 % des ventes en valeur par rapport à 2021. « Après deux années de croissance exceptionnelle, force est de constater que le marché se montre résilient, » se félicitait récemment sa présidente Véronique Denise, lors de la conférence annuelle. Les ventes de Fnac-Darty ont quant à elles reculé de 1,2 % l’an dernier. Mais la comparaison est à prendre avec précaution puisque ce chiffre mêle les performances des deux réseaux du groupe, dans tous les pays, et sur l’ensemble des catégories de produits proposées (librairie incluse).
Pour Boulanger, comme pour ses concurrents, l’activité 2022 a été affectée par une forte inflation, répercutée sur les prix des gammes, poussant les consommateurs à reporter leurs achats. Au second semestre, l’enseigne a limité la casse grâce à des actions tactiques (programme de fidélité, programme d’abonnement), sans toutefois réussir à rattraper le retard. Un coup de mou à relativiser assure cependant un connaisseur de la chaîne : « Les 3 dernières années sont les meilleures de l’histoire de Boulanger. Il y a un repli post-covid dans toutes les entreprises, avec l’impact de la guerre en Ukraine et l’inflation. C’est assez logique. »
Du chemin a été parcouru, puisqu’en 2019, dernière année « normale », les ventes du distributeur s’établissaient à 2,8 milliards d’euros. Depuis, l’entreprise, dans le giron de l’Association Familiale Mulliez, a été très profitable. 110 millions d’euros de dividendes ont été remontés au titre de l’exercice 2020, puis 100 millions pour 2021. Et il reste encore 150 millions de trésorerie dans les caisses.
La relance de l’enseigne, qui compte désormais plus de 200 magasins en France et multiplie les initiatives (sur le recyclage et la seconde vie des produits notamment), sera pilotée par une nouvelle recrue. L’Informé a appris que le directeur général Emmanuel Deschamps a quitté l’entreprise en mars dernier, après trois années à ce poste. À 53 ans, ce pilier de Boulanger - il a intégré la société en 1999 et y a fait une grande partie de sa carrière - aurait eu des envies d’ailleurs, désireux de monter sa propre société ou d’en reprendre une. Une proposition de transfert vers un autre poste au sein de l’entreprise lui aurait pourtant été formulée.
Pas encore d’annonce concernant le remplacement d’Emmanuel Deschamps
Ce mouvement s’inscrit dans un cadre plus large. « Au sein de l’AFM, il y a l’ambition de nommer plus de femmes et de rajeunir la gouvernance à la tête des enseignes » souligne un expert du sujet. Un exemple ? Le mois dernier, Agathe Monpays, âgée de 28 ans, a été nommée directrice générale de Leroy Merlin France. Chez Boulanger, aucune annonce officielle n’a encore été faite concernant la succession d’Emmanuel Deschamps. En attendant, le président de l’entreprise, Étienne Hurez, gère l’intérim.
Mais cela devrait bouger assez rapidement. Le spécialiste de la grande distribution Olivier Dauvers a ainsi annoncé, sur Twitter, la probable arrivée d’Émilie Soleri, au poste de directrice générale. Déjà administratrice de la chaîne depuis un an, cette dirigeante de 43 ans est issue d’une autre enseigne de l’AFM. En l’occurrence Auchan, ou elle œuvre depuis 2011 sur le volet commerce en ligne. Un sérieux plus à l’heure de la digitalisation du marché. Contacté, Boulanger n’a pas souhaité commenter nos informations.