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Continuer la lectureBon d’Ici, la petite enseigne de produits locaux couvée par un grand nom de la distribution
Spécialisé dans le circuit court et l’approvisionnement local, ce jeune réseau implanté dans l’Ouest peut compter sur un actionnaire très discret, rodé au monde des supermarchés et hypermarchés.
Des légumes et des yaourts de la ferme d’à côté. Des jus préparés par une petite entreprise du coin… Dans les rayons de Bon d’Ici, pas de Coca-Cola ou de Nutella : on ne trouve que des produits alimentaires en circuit court et local. L’enseigne, lancée en périphérie de Nantes il y a deux ans, façon g...
Le modèle est aux antipodes de celui de la grande distribution, caractérisé par des achats massifiés et une expansion à marche forcée pour écraser les coûts fixes. Et pourtant, le principal financeur de Bon d’Ici n’est pas inconnu des grandes surfaces, loin s’en faut. Selon nos informations, il s’agit de Pierre Bouriez, dont la famille est l’actionnaire historique du groupe Louis Delhaize : cette société belge possède les hypermarchés Cora et les supermarchés Match dans plusieurs pays (en France, ils viennent d’être cédés au groupe Carrefour) mais aussi les jardineries Truffaut. Selon Challenges, la fortune des deux frères Pierre et François Bouriez - détenteurs de la majorité de Louis Delhaize - atteindrait 1,3 milliard d’euros.
Sur ses deniers propres, cette figure de la distribution finance des structures ou associations qui n’ont pas grand-chose à voir avec de grosses machines à vendre (comme Wake up Café, qui s’occupe de la réinsertion d’anciens détenus). Depuis l’an dernier, sa société personnelle, Petra Ventures, a ainsi injecté près de 4 millions d’euros dans Bon d’Ici, en toute discrétion, comme le veut la tradition familiale. Des sommes qui s’ajoutent à près de 3 millions déboursés en 2020 par le groupe Louis Delhaize pour amorcer la création de l’enseigne.
C’est Loïc Le Moaligou, fondateur du réseau, qui est venu frapper à la porte de Pierre Bouriez. Les deux hommes se connaissent d’une autre époque : ils se sont rencontrés lors de la création du pionnier des supermarchés en ligne houra.fr, en 1999-2000. Loïc Le Moaligou était l’un des créateurs du site, alors que Pierre Bouriez en était le président. De quoi faciliter les discussions une vingtaine d’années plus tard, quand l’entrepreneur, revenu du numérique, a imaginé son concept Bon d’ici.
« Nous ne sommes pas une chaîne, chaque magasin est différent » précise le dirigeant, minoritaire au capital, qui vise 2 à 3 ouvertures par an avec le grand ouest comme terrain de jeu. Pour couvrir tous les besoins (avec environ 2500 produits), la collaboration avec une centaine de producteurs est nécessaire. Lors de l’inauguration du premier point de vente à Rezé, ils étaient 110, ils sont 160 aujourd’hui. « Nous travaillons un sourcing uniquement aux alentours des magasins, précise Loïc Le Moaligou. À la différence du circuit court, qui n’est pas forcément local, mais seulement sans intermédiaire » Chaque point de vente construit donc son assortiment en fonction de ce qui l’entoure, les produits étant livrés directement par les producteurs dans ces grosses échoppes de 500 à 800 m2 maximum. « Vu les investissements nécessaires, nous sommes sur un modèle de consommation un peu disruptif. Il faut trois ans pour avoir un magasin à l’équilibre », explique le patron. Contacté, Pierre Bouriez n’a pas souhaité faire de commentaires.