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Grande conso

Beaumanoir vs Royer : derby breton autour des marques Quicksilver et Billabong

Le spécialiste de la chaussure Royer ne pardonne pas au groupe Beaumanoir d’avoir racheté seul Boardriders et ses marques lifestyle en juillet dernier. Il assure lui avoir apporté le deal clé en main.

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GAIZKA IROZ / AFP

Des marques de surf et de skate reprises par un Breton ? Rien d’impossible. La preuve, le 5 juillet, le groupe malouin Beaumanoir, détenteur des enseignes Cache Cache, Bonobo, La Halle ou encore du site sarenza.com, a étoffé un peu plus son portefeuille avec le rachat des activités du groupe Boardrid...

Mais cette histoire ne s’est pas déroulée sans accroc et a provoqué la colère d’un autre acteur breton du textile, le groupe Royer. Originaire d’Ille et Vilaine et familial comme Beaumanoir, ce géant de la chaussure possède les marques Kickers, Charles Jourdan, et de nombreuses licences, pour un chiffre d’affaires de 132 millions d’euros. Aujourd’hui, il a l’impression d’avoir été floué et a demandé près de 7 millions d’euros de réparation. En effet, c’est Jacques Royer, à la tête du groupe éponyme, qui a présenté à Roland Beaumanoir ABG, le géant américain Authentic Brands Group, propriétaire de Boardriders, en 2023. Le plan était simple : les deux sociétés bretonnes s’associaient dans une nouvelle entreprise pour exploiter les marques de Boardriders en Europe, avec Beaumanoir comme partenaire majoritaire. Une manière comme une autre de rémunérer l’apporteur d’affaires. Les deux parties ont signé un accord d’exclusivité en ce sens en octobre 2023. Mais dans la dernière ligne droite, Beaumanoir a semble-t-il fait faux bond à son partenaire et finalement préféré boucler l’opération de rachat tout seul. Il a bien proposé une indemnisation au groupe Royer pour rester bon amis… mais ce dernier l’a refusé, sans doute en raison de son montant.

Plus que cela : Royer a assigné Beaumanoir en référé, réclamant tout d’abord le versement de 1,7 million d’euros pour couvrir les frais déjà payés de sa poche. Ce montant correspond aux prestations menées par le cabinet Eight Advisory, EY (ex-Ernst & Young), ou encore le bureau parisien de la banque d’affaires Houlihan Lokey pour border les aspects juridiques et financiers de l’opération. Le Breton a aussi exigé au moins 5 millions d’euros pour compenser ce qu’il aurait selon lui empoché grâce au deal. Le tribunal de commerce de Paris a rejeté sa demande de référé. Mais selon nos informations, aucun accord amiable n’ayant été trouvé entre les deux parties, Royer compte poursuivre la procédure au fond. Il devrait déposer plainte prochainement. L’affaire pourrait aussi sérieusement dégrader leurs relations commerciales. Beaumanoir s’approvisionne en effet en partie chez Royer. Contactés, les deux groupes n’ont pas souhaité faire de commentaires.