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Énergie - Environnement

Prix du gaz : nouvelle hausse de près de 3 % en vue avec la fin du tarif réglementé

Les tarifs réglementés du gaz, dont profitent 2,5 millions de foyers français, disparaissent le 30 juin prochain. Faute d’avoir choisi eux-mêmes une autre offre, ils basculeront sur l’offre « Gaz Passerelle », un peu plus chère.

Paris - Energy - The rise in energy prices in France; illustrated by domestic gas. Photo Eric Beracassat/Hans Lucas
Paris - Energie - La hausse du prix des energies en France; illustre par le gaz domestique. Photo Eric Beracassat/Hans LucasParis - Energy - The rise in energy prices in France; illustrated by domestic gas. Photo Eric Beracassat/Hans Lucas
Paris - Energie - La hausse du prix des energies en France; illustre par le gaz domestique. Photo Eric Beracassat/Hans Lucas
Paris - Energy - The rise in energy prices in France; illustrated by domestic gas. Photo Eric Beracassat/Hans Lucas Paris - Energie - La hausse du prix des energies en France; illustre par le gaz domestique. Photo Eric Beracassat/Hans LucasParis - Energy - The rise in energy prices in France; illustrated by domestic gas. Photo Eric Beracassat/Hans Lucas Paris - Energie - La hausse du prix des energies en France; illustre par le gaz domestique. Photo Eric Beracassat/Hans Lucas Eric Beracassat / Eric Beracassat

On sait désormais à quelle sauce vont être mangés les derniers Français attachés au tarif réglementé du gaz. Ce contrat protecteur, dont les évolutions sont déterminées par les pouvoirs publics, disparaît le 30 juin prochain. Depuis des mois, les quelque 2,5 millions de foyers concernés sont invités ...

S’ils ne l’ont pas fait avant l’échéance, ils basculeront automatiquement sur un contrat d’Engie appelé Gaz Passerelle. Ses détails figurent dans une lettre que les abonnés commencent à recevoir. Très prolixe sur certains points, la lettre est en revanche beaucoup plus discrète sur l’évolution tarifaire qui découle de ce changement.

50 € de plus par an pour une famille type

Ainsi l’offre Gaz Passerelle sera légèrement plus chère que le tarif réglementé actuel, qui a pourtant déjà subi une hausse de 15 % au 1er février dernier. Le prix du kilowattheure, pour un abonné en région parisienne se chauffant au gaz, devrait être de 10,68 centimes, selon le prix prévisionnel indiqué dans la lettre. Or, ce même abonné le paye actuellement 10,36 centimes – l’information ne figure pas dans le courrier. La part fixe de la facture (l’abonnement) est, elle, inchangé. Au global, la facture annuelle d’un foyer-type* pourrait donc augmenter d’un peu plus de 50 €, passant de 2011 € à 2065 €, soit +2,7 %.

Pour les abonnés, il sera difficile d’y échapper, même en changeant de fournisseur. Sur une vingtaine d’offres disponibles sur le marché, seules quatre sont moins chères que l’offre Gaz Passerelle, d’après une simulation réalisée par l’Informé sur le comparateur officiel, energie-info.fr. Elles sont au niveau du tarif réglementé actuel, ou légèrement au-dessus.

Suppression incongrue

La disparition du tarif réglementé du gaz est prévue de longue date, au nom de la libre concurrence. Ce tarif a été jugé contraire au droit européen par le Conseil d’État en 2017. Cette décision paraît pourtant bien incongrue aujourd’hui, alors que la guerre en Ukraine a provoqué une volatilité sans précédent des prix de l’énergie sur les marchés mondiaux.

Le prix changera chaque mois

Le prix de la nouvelle offre indiqué dans le courrier est un prix prévisionnel : celui-ci peut encore évoluer d’ici début juillet, selon les cours du gaz sur les marchés. En effet, l’offre Gaz passerelle n’est pas une offre à prix fixe. Le niveau du kilowattheure évoluera tous les mois, comme l’ont longtemps fait les tarifs réglementés. 

La formule d’indexation, qui figure dans le courrier d’information, a de quoi effrayer plus d’un consommateur. Jugez plutôt : elle s’appuie sur « l’indice MAE2PEG (ou « Month Ahead +2 ») pour 80% et l’indice QAPEG (ou « Quarter Ahead ») pour 20% du prix ». Si les termes sont abscons, Engie a en fait retenu une formule établie par la Commission de régulation de l’énergie, fin janvier. Elle est proche de celle prévue jusqu’à présent pour les tarifs réglementés. 

Par ailleurs, l’offre Gaz passerelle sera éligible au bouclier tarifaire, s’il est prolongé par les pouvoirs publics au deuxième semestre 2023. Mais cela n’empêchera pas la hausse de près de 3%.

 

 

En février dernier, un regroupement de dix associations de consommateurs imploraient les députés et sénateurs de voter, en urgence, un report de l’échéance. « Dans le contexte inflationniste que nous connaissons, ces tarifs réglementés du gaz sont la formule la plus protectrice actuellement pour le consommateur », indiquaient-elles. Elles n’ont pas été entendues.

Mise à jour du lundi 27 mars. En réaction à notre article, Engie estime que calculer une hausse aujourd’hui « n’est pas pertinent » : « Conformément à la loi, nous sommes tenus de faire une offre aujourd’hui aux clients encore au tarif réglementé. Mais le prix est prévisionnel. Le niveau précis du kilowattheure au 1er juillet n’est pas encore connu », insiste une porte-parole. Le prix évoluera, en effet, en fonction des prix sur les marchés de gros (voir encadré).

* Calcul réalisé pour un foyer en région parisienne, se chauffant au gaz et consommant 17 000 kWh par an