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Énergie - Environnement

Marché de l’eau en Île-de-France : Suez tente un nouveau recours pour contrer Veolia

Le groupe de services à l’environnement a lancé une deuxième procédure au tribunal administratif contre l’attribution à son rival du gigantesque contrat du Sedif.

Tour Suez à La Defense
Tour Suez à La Defense Alamy Stock Photo / Abaca

Suez ne s’avoue pas encore vaincu. Le groupe spécialisé dans le traitement de l’eau et des déchets initie une ultime bataille devant les prétoires pour faire entendre sa cause sur l’appel d’offres lancé par le Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif), visant à l’approvisionnement en eau potable de 4 millions de Franciliens. Selon nos informations, l’entreprise présidée par Sabrina Soussan a déposé il y a quelques jours un deuxième recours en référé devant le tribunal administratif de Paris : elle conteste l’attribution à Veolia de ce contrat de concession de plus de 4 milliards d’euros sur 12 ans et. Le 25 janvier, le syndicat dirigé par le maire d’Issy-les-Moulineaux André Santini a en effet sélectionné son concurrent, à l’issue d’une procédure rocambolesque, émaillée par un bug informatique ayant entraîné le transfert de documents de l’offre de Suez à son rival.

Ce baroud d’honneur judiciaire de Suez devant le tribunal fait suite à deux échecs. Fin novembre, le groupe avait déposé un premier recours en référé devant le tribunal administratif de Paris, pour obtenir l’annulation de la procédure de passation du marché francilien. En vain. Le groupe n’a pas eu plus de chance avec le Conseil d’État, devant lequel il s’était pourvu en cassation : le 2 février, la haute juridiction a rejeté sa demande, validant la décision du Sedif de choisir l’attributaire sur la base des offres reçues avant le bug.

La perte de ce marché colossal, que Veolia détient depuis plus de cent ans, est un vrai coup dur pour Suez, déjà déstabilisé par l’OPA lancée par Veolia en 2022 et qui a abouti à réduire de moitié son périmètre. À l’issue de cette opération, le groupe d’Antoine Frérot a mis la main sur l’essentiel des actifs de Suez à l’étranger. Détenu désormais à 40 % par le fonds d’investissement Meridiam, à 20 % par la Caisse des dépôts et consignation (CDC) et à 40 % par le fonds américain Global infrastructure partners (GIP), Suez s’apprête dans les prochains mois à entrer dans une nouvelle ère : le géant mondial de la gestion d’actifs américain BlackRock a annoncé en début d’année qu’il rachetait GIP. Nul doute que le dossier Suez sera regardé de très près par le président de BlackRock en France, Jean-François Cirelli. L’ancien PDG de Gaz de France, qui avait opéré la fusion entre le gazier tricolore et le Suez, pour former GDF Suez, en avait ensuite été le directeur général délégué jusqu’en 2014…

Contacté, Suez n’a pas répondu à nos sollicitations, à l’heure où nous publions.