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Énergie - Environnement

Financiers et industriels se disputent le roi des expériences phytosanitaires Syntech

Le fonds Ekkio Capital a mis en vente la participation qu’il détient depuis 2016. Les enchères sont pilotées par Rothschild & Co.

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Nemanja Otic / oticki - stock.adobe.com

Quelque 200 fabricants de produits phytosanitaires auraient régulièrement recours aux services de Syntech. Basée à deux pas des vignobles du Beaujolais, cette discrète entreprise de Saône-et-Loire expérimente pour eux de nouveaux herbicides, insecticides ou biostimulants. Elle les aide, aussi, sur le volet règlementaire, pour obtenir l’homologation d’une formule auprès des autorités publiques notamment. Ce profil peu banal suscite des convoitises, à l’heure où l’actionnaire majoritaire de Syntech, le fonds de private equity Ekkio Capital, cherche à se séparer de sa participation, a appris l’Informé. La banque d’affaires Rothschild & Co a été mandatée pour conduire les enchères.

Les négociations entrent désormais dans leur phase finale : elles donneront lieu à un affrontement entre fonds et acquéreurs industriels. Du côté des financiers, Chequers et l’Idi seraient toujours en lice, sachant qu’Ambienta, Tikehau, Fremman et Agic Capital avaient aussi manifesté leur intérêt précédemment. Face à eux se trouverait le suisse SGS, l’un des géants mondiaux du contrôle et de la certification (concurrent direct, entre autres, de Bureau Veritas). Un autre industriel serait lui aussi encore de la partie. Ce dernier pourrait être lyonnais Carso, un groupe spécialisé dans les analyses environnementales et alimentaires, qui s’est renseigné sur le dossier. En revanche, Eurofins, qui s’y intéressait de près, ne serait plus dans la course : si le labo du CAC 40 aurait bien remis une offre à l’issue du premier tour des enchères, celle-ci se serait avérée inférieure aux attentes minimales de valorisation du vendeur, fixées aux alentours de 150 millions d’euros selon nos informations. Un autre groupe de laboratoires, l’allemand GBA (participation d’Ardian) aurait lui aussi jeté l’éponge.

Selon les prévisions établies par Ekkio Capital et Rothschild & Co, Syntech vise 17 millions d’euros d’Ebitda sur son prochain exercice. Ce chiffre - jugé quelque peu optimiste par de bons connaisseurs du dossier - incluerait notamment l’impact (pour un peu moins de 3 millions d’euros) d’une acquisition que compte bientôt boucler l’entreprise en Argentine. Cette dernière est une habituée de ce genre d’opérations, puisqu’elle est le fruit du rapprochement de plusieurs entités mené par Ekkio à partir de 2016 : celui des français Promo-Vert et Biotek, de l’allemand Gab Consulting et, enfin, de la société américaine Syntech, qui avait été créée par des anciens de Syngenta.