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Continuer la lectureEDF : ces membres du comex fragilisés par l’arrivée de Bernard Fontana
Nommé en mai, le nouveau patron de l’énergéticien va revoir les contours de son top management. Plusieurs poids lourds de la maison pourraient faire les frais de cette réorganisation.
Dans l’attente des grandes manœuvres officielles de Bernard Fontana dans la gouvernance d’EDF, la composition du comité exécutif mis en place par Luc Rémont est scrutée par toute l’entreprise. Le nouvel homme fort de l’énergéticien a déjà entamé le chantier en nommant deux dirigeants de filiales : le...
Un premier mouvement de taille a déjà ouvert le bal : le directeur financier Xavier Girre - en poste depuis 2015 - est attendu en juillet à la direction générale de Suez. Il est remplacé de façon provisoire par Nathalie Pivet, la directrice du pilotage de la trajectoire, de la performance et reporting du groupe. Pour autant, le nouveau grand manitou du groupe public devrait avancer sans précipitation. « Les changements pourraient être amorcés pendant l’été en vue de nouvelles nominations à la rentrée », gage une source interne. Sur les onze autres membres du comex, deux semblent plus spécifiquement fragilisés. En premier lieu Xavier Ursat, directeur exécutif groupe chargé de la stratégie, des technologies, de l’innovation et du développement. Et donc, à ce titre, des projets sur le nouveau nucléaire, à savoir l’EPR2 et le projet de petit réacteur modulaire Nuward.
Or, pour l’un comme pour l’autre, les difficultés sont patentes. Le design du futur réacteur, dont les deux premières tranches doivent être mises en exploitation en 2038 sur le site de Penly (Seine-Maritime) avant deux autres paires à Gravelines (Nord) et Bugey (Ain), est toujours en cours d’achèvement. Quant à la version initiale de Nuward, sur laquelle a travaillé le groupe avec ses partenaires depuis 2019, elle a finalement été abandonnée en juillet - comme l’avait révélé l’Informé - pour être simplifiée et repensée à partir de briques technologiques existantes. « Ce bilan en demi-teinte légitime l’arrivée d’un remplaçant, pronostique une source interne. Ou tout au moins un autre pilote pour le nouveau nucléaire. Si Xavier Ursat peut être maintenu à la stratégie, il est probable qu’il sera en revanche écarté de l’opérationnel. »
Autre membre du comité exécutif en position délicate, la directrice des ressources humaines Caroline Chanavas. Arrivée en 2023, cette ancienne de Naval Group n’a pas drainé les enthousiasmes. « Elle ne compte pas beaucoup de supporters, estime une source interne. Ni dans ses équipes, ni dans le management des autres directions métiers. » Sans compter que la gestion des suites sociales liées à la fermeture de la centrale thermique de Cordemais a laissé des traces du côté des partenaires sociaux de l’entreprise, comme nous l’avions raconté en octobre. Fin septembre 2024, des manifestations de protestation sur le site avaient conduit à des débordements provoquant une demi-douzaine de constats d’accidents du travail et d’arrêts dont celui du directeur de l’usine Michel Durand. Si les fauteurs de troubles - dont plusieurs syndicalistes de la CGT - ont été sanctionnés en interne, la bienveillance dont a fait preuve Caroline Chanavas envers le syndicat, a suscité la crispation des autres organisations et les critiques des autres entités RH des directions du groupe. Plusieurs mois après les faits, la situation est toujours tendue sur le sujet.
Négociations enlisées
Les interrogations vont bon train aussi sur le sort de Marc Benayoun, directeur exécutif groupe en charge du pôle clients, services et territoires. Le patron du commerce de l’énergéticien pourrait payer l’enlisement des discussions sur les contrats d’électricité avec les industries électro-intensives, qui a contribué à l’éviction en mars de l’ancien PDG. Avec la fin du dispositif Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) en janvier 2026, la nouvelle régulation imaginée en 2023 prévoit qu’EDF signe des contrats d’allocation de production nucléaire (CAPN) de long terme avec des grandes entreprises. Pour l’heure, une dizaine d’électro-intensifs a manifesté son intérêt mais seuls deux contrats de ce type ont été signés. En annonçant, quelques jours après sa prise de fonction la signature d’un protocole d’accord (qui n’est pas un CAPN) avec le sidérurgiste Aluminium Dunkerque, le nouveau patron d’EDF a démontré sa capacité à débloquer le sujet. Soulignant du même coup les limites des négociations menées par l’équipe précédente. Une nouvelle lettre d’intention pour un CAPN vient à cet égard d’être officialisée par EDF, le 24 juin, en vue d’une signature avec l’aciériste italien Marcegaglia.