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Continuer la lectureTransformation numérique : Astek intéresse des investisseurs étrangers
Le groupe d’ingénierie est à l’affût d’un actionnaire minoritaire prêt à investir au moins 100 millions d’euros.
Son nom est apparu début 2023 dans le feuilleton Atos. Astek s’était dit prêt à reprendre une partie d’Eviden, la société regroupant les activités dans le cloud, la cybersécurité et les supercalculateurs de l’ex-champion tricolore du numérique. La démarche est restée sans suite… Aujourd’hui, ce grand spécialiste de la transformation numérique des entreprises et de la R&D externalisée a une autre priorité : la recherche d’un actionnaire minoritaire. Le fondateur Jean-Luc Bernard (195ème fortune française selon Challenges) et l’équipe de direction sont prêts à accueillir un partenaire financier au capital de leur groupe, acteur important de son marché plus de 7 000 salariés, dont la moitié dans l’Hexagone.
Dans la perspective d’approcher Atos, Astek avait déjà noué le dialogue avec des investisseurs français comme Ardian, Eurazeo ou Tikehau - c’est du moins ce que rapportait le JDD en janvier. Ici, selon nos informations, le groupe serait essentiellement en contact avec des investisseurs étrangers. « Astek cherche plus que de l’argent : l’idée est de trouver un partenaire capable de l’aider concrètement à grossir loin de la France », glisse un banquier qui regarde le dossier. Les fonds britanniques ICG et Inflexion Partners seraient intéressés, de même que TowerBrook (pourtant actionnaire d’un autre expert du numérique, Talan). Seraient également intéressés Mubadala, l’un des fonds souverain d’Abu Dhabi, et 65 Equity Partners, une firme de private equity rattachée à un autre fonds souverain, Temasek (Singapour). Dans l’Hexagone, cette dernière structure encore méconnue peut compter sur un relais de premier plan, Michel Paris : l’ex-patron du fonds PAI Partners est récemment devenu son senior advisor.
Volet obligataire
Dixit plusieurs sources, le ticket d’entrée s’élèverait à 100 millions d’euros au bas mot, avec une extension possible à 150 millions. L’opération comporte, en plus, un volet obligataire, après un précédent financement unitranche de 200 millions d’euros levé à l’été 2022 auprès du fonds de dette privée HIG Whitehorse et d’Axa IM. Astek est assisté dans ses recherches par la banque d’affaires Natixis Partners, comme l’avait révélé le site financier américain Reorg fin septembre.
Très présente dans l’automobile, l’énergie, les transports, le spatial ou encore la banque-assurance, le groupe aide les entreprises à se servir du numérique pour une multitude de tâches : maintenance, gestion logistique, collecte de données, sécurisation des réseaux, etc. Ses clients s’appellent Orange, Valeo, Alstom ou encore la SNCF… Avec deux ans d’avance, le groupe a atteint son objectif de 500 millions de chiffre d’affaires en 2022, pour une marge d’Ebitda proche de 10 %, grâce notamment à une bonne dose d’acquisitions (IT & M. en France, Conmore en Suède, Serti au Canada…). Il vise maintenant le milliard d’euros, sur un marché en pleine consolidation, les clients souhaitant concentrer les contrats auprès d’un nombre restreint de prestataires. Côté français, Capgemini n’avait pas hésité à s’offrir Altran pour 3,6 milliards en 2019. Pour financer leurs opérations, les entreprises peuvent compter sur l’intérêt des fonds de private equity, comme l’a encore montré la prise de contrôle par Wendel de Scalian, un concurrent français d’Astek, finalisée au printemps.