Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Finance - Conseil

Série de départs chez FGS Global… qui missionne Egon Zehnder pour recruter

Le bureau français du spécialiste en communication stratégique travaille aussi bien pour Casino, Bloomberg, BofA Securities… ou son actionnaire KKR.

Photo
THINK b - stock.adobe.com

Faut-il y voir un désaveu ou simplement la fin d’un cycle ? Selon nos informations, les départs s’amoncellent au sein du bureau français de l’agence de communication financière internationale FGS Global. Issu de la fusion en 2021 de quatre structures (Finsbury, Hering Schuppener, The Glover Park Group et Sard Verbinnen & Co), le cabinet dispose de 31 antennes à travers le monde, dont une à Paris. Mais après le départ des associés Nathalie Falco et Sylvain Fort en 2023, c’est désormais au tour de Géraldine Amiel de quitter le navire : associée également, l’ancienne chef de l’antenne française de Bloomberg avait pourtant participé à la fondation du bureau parisien du groupe et avait même été nommée « chairwoman France » en mai. Deux managing directors Bénédicte Constans et Mark Deen ont également annoncé leur départ.

Si le point de chute de la première n’est pas encore connu, le deuxième est parti pour Bercy, où il conseillera la ministre déléguée chargée de l’économie du tourisme Marina Ferrari. Et l’hémorragie ne concerne pas que le cercle de dirigeants de l’entité puisque le consultant senior Léonard Lechien est aussi sur le point de faire ses cartons. Ces défections viennent s’ajouter à celles de Fany Marque de Villeneuve, désormais à la tête des relations presses chez Edmond de Rothschild, d’Adeline Dubout, aujourd’hui chez Kekst CNC, de Xavier Mas, parti il y a peu pour s’occuper de la communication du cabinet d’avocats Latham & Watkins ou encore de l’assistante de direction Léo-Paule Murdoch, qui a migré chez Pinsent Masons.

Pour pallier ces départs, l’agence qui travaille notamment pour Casino, Bloomberg, BofA Securities ou encore son actionnaire KKR, cherche à recruter des profils seniors. Pour ce faire, elle a missionné le cabinet de chasseurs de têtes Egon Zehnder, selon nos informations. Interrogé sur cette séquence agitée, FGS reconnaît « quelques ajustements au niveau de la direction », mais mentionne « un phénomène courant pour un bureau en plein essor ». « Nous abordons cette nouvelle phase avec optimisme et détermination », assure le cabinet, qui mentionne également un « élargissement significatif de [ses] offres en affaires publiques et communication financière ». De fait, à en croire certains ex-employés, cette flopée de départs n’aurait aucune cause commune : « Plusieurs personnes ont eu des opportunités, et le marché de la communication est à flux tendu en ce moment, avec une véritable course pour attirer les meilleurs talents à soi », assure l’un d’entre eux.

Mais pour d’autres, aucun doute : cet exode résulte d’un véritable malaise au sein de l’agence. Plusieurs notent un désaccord au sujet des tarifs jugés « prohibitifs » de FGS, bien supérieurs à ceux des concurrents français bien installés comme Havas, Image 7 ou encore Publicis. « Quand une antenne se crée, on sait que les choses peuvent prendre du temps pour s’installer. Mais là, nous avons eu des départs très brutaux, sans explications, les clients n’étaient même pas informés… »,  regrette une ancienne du bureau. « Ce turn-over n’est ni sain, ni normal », juge une autre ex-employée, dénonçant le « manque de colonne vertébrale » de l’entreprise. « Quand on a un line-up d’aussi bons talents, c’est dommage de ne pas savoir les retenir », renchérit un ancien collègue.

« Après l’euphorie des débuts au lancement de la filiale, on a senti au fur et à mesure monter l’austérité, surtout depuis la montée au capital de KKR », poursuit une autre source. Les économies sont de mise : le bien-fondé des abonnements à la presse, comme celui au fil AFP, est notamment questionné, nous indique-t-on. En août dernier, la société de capital-investissement américaine a annoncé son rachat des parts du géant britannique WPP dans l’agence. En cours de finalisation, l’opération fera de KKR l’actionnaire majoritaire de FGS Global, à hauteur de 80 %. Depuis, le 12 novembre dernier, Bloomberg révélait que McKinsey avait été missionné par le fonds pour élaborer un plan d’affaires afin que sa nouvelle prise puisse réaliser ses « opportunités de croissance les plus ambitieuses » de 2025 à 2027. L’opération, baptisée « Project Thunder » concerne l’ensemble de l’entreprise, qui compte 1 400 salariés au total. L’agence française est aujourd’hui dirigée par Charles O’Brien et Katharina Blumenfeld, tous deux issus des branches anglaise et allemande de Finsbury Glover Hering.