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Continuer la lectureLe fonds de capital-risque Alven menacé d’une nouvelle sécession
Offre professionnelleEmbourbée dans la succession de ses deux fondateurs, la société fait face au spectre de nouveaux départs ayant vocation à geler tout projet de lever un nouveau fonds.
Une drôle d’ambiance règne actuellement chez Alven. Cet acteur incontournable du capital-risque en France, qui a financé (ou finance) des start-ups comme Qonto, Drivy, Dataiku ou Stripe, doit faire face à une certaine fébrilité dans ses rangs. Cet hiver, les associés Bartosz Jakubowski et Thomas Cuvelier ont quitté le navire, le premier aurait décidé de se lancer dans une aventure entrepreneuriale, tandis que le second a rejoint le fonds new-yorkais RTP. Des mouvements intervenant alors que depuis deux ans, la question du passage de témoin des associés-fondateurs Guillaume Aubin et Charles Letourneur se pose. La succession des deux créateurs d’Alven - qui fêteront leurs 60 ans cette année - devait être tranchée avant d’entamer la levée d’un nouveau véhicule d’investissement. « Mais aucun accord n’a été trouvé, poursuit la source. Certains ont préféré partir quand d’autres ont choisi de rester dans l’espoir d’une solution. » Les deux fondateurs avaient d’ailleurs un temps discuté avec Revaia. La société de gestion d’Alice Albizzati et d’Elina Berrebi envisageait alors de reprendre Alven pour donner naissance à un pôle « venture ».
La vague de départs s’arrêtera-t-elle là ? Selon plusieurs sources, le spectre d’une sécession plane bel et bien au-dessus de la société de gestion. Il est prêté à deux autres associés de la jeune garde, Rodolphe Menegaux et François Meteyer, l’intention de créer avec des membres de l’équipe (dont la « principal » Maria Tahri) une nouvelle boutique qui s’intéresserait en particulier aux start-up de la santé et de l’intelligence artificielle. De quoi compliquer toute nouvelle levée de fonds pour Alven ? À en croire plusieurs observateurs en tout cas, le capital-risqueur envisage de ne plus se concentrer que sur son portefeuille existant, jusqu’à la cession des participations. Dans le milieu on parle de « gestion extinctive » ou de « run-off ».
Les principaux intéressés temporisent. « Rodolphe Menegaux et François Meteyer sont toujours dans la société », assène à l’Informé un proche de Guillaume Aubin et de Charles Letourneur. Du côté des jeunes associés, on reconnaît l’existence de discussions qui se poursuivent, sans vouloir davantage commenter à ce stade.
La rétention des talents chez Alven est un sujet de longue date. En 2015, l’entreprise n’avait pas pu retenir Nicolas Celier, parti créer une autre société de gestion, Ring Capital. Quatre ans plus tard, deux autres associés, eux aussi longtemps pressentis comme les potentiels successeurs des deux fondateurs, Jérémy Uzan et Raffi Kamber, ont claqué la porte pour donner naissance à un nouveau VC, Singular.
Alven a été créé en 2000 sous l’aile protectrice d’Alpha, une société de gestion alors dans la galaxie Wendel, dont il s’est émancipé par la suite. Le capital-risqueur se fait une spécialité d’investir dans les premiers tours de table des start-up - dans ce que l’on appelle l’amorçage ou l’« early stage ». S’il n’a pas succombé à la mode du « corporate venture » - où les grands groupes se piquaient d’investir directement ou par l’intermédiaire de fonds dans les start-up - pour lever classiquement de l’argent auprès d’institutionnels ou de fortunes, le gérant a réussi à faire croître la taille de ses fonds de manière assez spectaculaire. Son dernier véhicule disposait de 350 millions d’euros à son closing final en 2022. Le précédent avait hérité de 250 millions d’euros en 2017 et avait succédé à un fonds de 130 millions levé en 2012-2013.
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