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Finance - Conseil

Eurazeo sur le point de racheter l’éditeur de logiciels financiers Neoxam

L’investisseur est en négociations avancées pour racheter le fournisseur d’outils pour les gestionnaires d’actifs et les banques. L’entreprise est aujourd’hui contrôlée par le fonds franco-chinois Cathay et Bpifrance.

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Witthaya Prasongsin / Getty Images

Cela bouge chez Neoxam. L’entreprise parisienne, dont les logiciels sont utilisés par les gestionnaires d’actifs, les banques et d’autres institutionnels, va changer de propriétaire : ses deux actionnaires financiers, le franco-chinois Cathay Capital et Bpifrance, s’apprêtent à se retirer au profit d’un autre investisseur, dans le cadre d’un LBO. Selon nos informations, des négociations avancées seraient en cours avec Eurazeo. Les différentes parties prenantes ne font pas de commentaires.

Eurazeo a participé à une enchère animée par la banque australienne Macquarie. La société d’investissement, elle-même conseillée par Natixis Partners, aurait eu pour adversaires plusieurs fonds anglo-saxons, Pollen Capital, Oakley et Symphony Technology, trois acteurs peu présents dans l’Hexagone, tandis qu’un autre fonds français, Chequers, se serait retiré un peu plus tôt des pourparlers. L’opération devrait valoriser Neoxam près de 250 millions d’euros, soit quinze fois son Ebitda.

Spin-off de Sungard

Début 2014, l’entreprise est née de deux petits éditeurs de logiciels, GP3 et Decalog, sortis du giron de Sungard, un géant américain du software. Pour les besoins de ce « spin-off'', leur patron Serge Delpla s’était associé avec un fonds d’investissement spécialisé dans les services financiers, Blackfin Capital Partners. C’est en rachetant les parts de ce dernier que Cathay Capital et Bpifrance ont pris le contrôle de Neoxam, fin 2018.

Les logiciels maison couvrent les différents aspects de la gestion de portefeuilles d’actifs, du passage d’ordres à la collecte et vérification de données, mais aussi le pilotage des risques ou des problématiques réglementaires. Le groupe est directement présent dans une douzaine de pays, le choix ayant été fait de miser sur des places fortes de la finance (Francfort, Londres, Luxembourg, Singapour, New York…), au plus près des clients. Mais le QG de Neoxam reste bien situé à Paris, juste à côté du Palais Brongniart. C’est là que se concentrent la moitié des effectifs, dont une bonne partie travaille sur la R&D.

Neoxam revendique près de 150 institutions financières comme clients : Caceis, UBS, la Caisse des Dépôts, Helvetia Asset Management, BBVA Asset Management ou encore ABN Amro. Beaucoup d’européens. « L’intensité concurrentielle à laquelle la société fait face est bien réelle, en particulier en Asie et surtout outre-Atlantique : difficile d’y gagner des parts de marché face à d’autres acteurs bien établis », juge un connaisseur de l’entreprise. La compétition est d’autant plus relevée face aux américains que certains gestionnaires d’actifs ont développé leurs propres solutions et les proposent à d’autres. C’est par exemple le cas de BlackRock, qui a créé la plateforme Aladdin et l’a renforcée en 2019 en rachetant un autre éditeur de logiciels d’origine française, eFront, pour plus d’un milliard d’euros.