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Finance - Conseil

Dopée aux fonds publics, la biotech Linkinvax au bord du gouffre

Pur produit de la recherche française, la start-up pourrait passer sous pavillon américain.

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Africa Studio - stock.adobe.com

Les fonds publics investis pour trouver un vaccin contre la COVID-19 n’ont certes pas tous été fructueux. Mais le cas de Linkinvax est particulièrement intrigant. Lorsqu’elle se lance en novembre 2020, en pleine pandémie, la biotech - aujourd’hui renommée EnnoDC - réunit pourtant tous les atouts d’un...

Dès 2022, Linkinvax promet de mettre 5 vaccins sur le marché avant 2027. Ses premiers essais cliniques portant sur le virus du sida sont aussi prometteurs si l’on en croit Europe 1. En août 2023, l’autre cofondateur André-Jacques Auberton-Hervé, promet dans Entreprendre une levée de fonds de 50 millions d’euros pour développer cet « outil de bio souveraineté afin d’anticiper les risques médico-économiques liés à une nouvelle pandémie potentielle ».

Très tôt, la start-up va profiter d’une manne d’argent public impressionnante, en plus de bénéficier de la recherche scientifique française via l’Inserm. La banque publique d’investissement (Bpifrance) a en effet misé 31 millions d’euros sur son projet dans le cadre du Programme investissements d’avenir. La société a aussi obtenu un autre financement de l’organisme public appelé i-lab, de quelques centaines de milliers d’euros sur un projet plus spécifique concernant le vaccin contre la chlamydia.

Les investisseurs privés ont été bien moins enthousiastes. Ils ne se sont mobilisés qu’à hauteur de 7,3 millions d’euros au total. À peine de quoi financer les dépenses d’exploitation annuelles de la biotech. Leurs hésitations étaient visiblement fondées. Selon nos informations, la société est aujourd’hui en difficulté, après avoir dépensé la totalité de son bas de laine de plus de 38 millions d’euros. Elle aurait remercié la quasi-totalité de ses salariés.

Plus inquiétant, sa plateforme vaccinale dans laquelle l’État français a lourdement investi semble en sursis : actuellement sous supervision du tribunal de commerce de Paris, EnnoDC doit trouver des fonds. À son tour de table, on retrouve aujourd’hui plusieurs acteurs américains, dont le plus sensible est le fonds d’investissement In-Q-Tell. Lancé par la CIA, ce dernier investit des fonds publics américains dans divers secteurs dont la biotechnologie, pour protéger la sécurité nationale des États-Unis. Les connaisseurs du dossier s’inquiètent de voir cette société largement financée par l’État français atterrir dans le giron américain. Le remplacement en 2024 d’André-Jacques Auberton-Hervé par le franco-canadien Christophe Hubert a de fait encore affaibli l’influence de l’Hexagone au sein de la start-up.

Contactés, Yves Levy, Christophe Hubert et In-Q-Tell n’ont pas répondu aux questions de l’Informé.

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