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Continuer la lectureCharlès, Julien, Tavares… les patrons les mieux payés du CAC 40
Deuxième volet de notre enquête sur les rémunérations des dirigeants du CAC 40. Nous dévoilons aujourd’hui l’intégralité d’un classement dominé par les patrons de Dassault Systèmes, Teleperformance et Stellantis.
Pour Bernard Charlès, sky is the limit. Avec une rémunération de 33 millions d’euros, le PDG de Dassault Systèmes survole de très haut le classement des patrons les mieux payés du CAC. Il fait même office d’ovni parmi ses petits camarades, gagnant une bonne dizaine de millions de plus que ses premier...
À regarder le top 20 dans son intégralité, une large variété de secteurs est représentée. Publicité, santé, énergie… ou encore agroalimentaire, avec deux figures, les patrons de Danone et Pernod Ricard. Un domaine occupe cependant une place particulière : le luxe. Les dirigeants des trois fleurons français du secteur se retrouvent tous réunis. Bernard Arnault (LVMH), avec 8 millions d’euros, François-Henri Pinault (Kering), avec 6,6 millions, et Alexandre Dumas (Hermès), avec 5,4 millions. Des rémunérations généreuses qui restent toutefois de l’argent de poche pour ces patrons également actionnaires de leur groupe : pour 2022, le clan Arnault a, par exemple, touché un dividende de 2,9 milliards d’euros… Pour refermer la parenthèse des grands noms du luxe ou des cosmétiques, citons L’Oréal. Nicolas Hieronimus, son directeur général, n’est ni héritier ni membre de la famille des fondateurs. Il a gravi les échelons depuis son entrée dans le groupe en 1987 comme chef de produit chez Garnier. Trente-six ans plus tard, son salaire n’a plus grand-chose à voir avec ses débuts, puisqu’il dépasse aujourd’hui la dizaine de millions d’euros.
Ces rémunérations, qui cumulent part fixe, part variable indexée sur les performances, et souvent un plan à long terme en actions, ont de quoi relancer le profond débat sur le niveau des salaires perçus à la tête des groupes cotés. Notamment lorsqu’on calcule le fameux « ratio d’équité », qui rapporte la rémunération du dirigeant à celle des salariés de son entreprise. Chez Stellantis, les émoluments de Carlos Tavares équivalent à 365 salaires moyens. Dit encore autrement : chaque jour, le patron touche l’équivalent d’un an de salaire d’un employé Stellantis. « Dans certains groupes, le ratio dépasse même 800 », souffle Vincent de la Vaissière, président du cabinet VcomV, et auteur de l’étude CAC40 2023. De fait, le PDG de Teleperformance par exemple a gagné 829 fois la rémunération médiane de ses collaborateurs en 2022, ou encore 487 fois la rémunération moyenne.
Autre point de comparaison, autre constat : des patrons français perçoivent parfois bien moins que leurs homologues étrangers, à secteur comparable. Ainsi, bien qu’il ait fait les gros titres en France, le salaire de Patrick Pouyanné chez TotalEnergies (7,3 millions) est très en deçà de celui de Darren Woods, le PDG du groupe pétrolier américain ExxonMobil (plus de 30 millions d’euros). « Chez TotalEnergies il y a débat sur le fait d’aligner ou non mon salaire sur celui de mes pairs à l’étranger, a glissé le dirigeant dans une interview récente à Challenges. Moi, je considère que la référence, ce sont les salaires des PDG du CAC 40 en France. » Si c’est celui de Bernard Charlès…