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Continuer la lectureBercy appelle les cabinets privés à la rescousse face au flot d’entreprises en difficulté
Les défaillances d’entreprises atteignent des records en France. Le ministère de l’Économie n’arrive plus à gérer seul leur accompagnement.
C’est un appel d’offres qui en dit long sur la situation économique du pays. Selon nos informations, les services de Bercy ont décidé de mobiliser des cabinets extérieurs pour les aider à gérer le nombre de dossiers de restructurations ou de transformation d’entreprises attendu « en hausse » ces prochains mois. « L’État va devoir recourir ponctuellement à des prestations spécialisées, soit parce que l’entreprise n’est pas toujours en mesure de les financer, soit parce que l’État doit pouvoir disposer d’une analyse objective de la situation d’une entreprise ou être accompagné dans certaines négociations » explique le document consulté par l’Informé. Il faut dire que les dernières données n’ont rien de rassurant : à fin octobre, la banque de France recensait 64 650 défaillances d’entreprises (en cumul sur douze mois), un chiffre, historiquement élevé, en augmentation de 21 % sur un an.
Un budget modeste pour couvrir l’ensemble des missions
Pour être en mesure de trier et traiter ce flot inhabituel de dossiers d’aide et de soutien, l’administration va solliciter l’expertise de cabinets spécialisés autour de 6 thématiques : audit financier, appui opérationnel, recherche de financements, recherche de solutions de reprises ou de réindustrialisation, conseil en stratégie, et appui juridique. Bercy précise rechercher des acteurs de tailles variées « et pas exclusivement de grandes structures », avec 3 à 5 prestataires prévus dans chacune des catégories. Le budget alloué à l’ensemble de ces missions reste cependant modeste, avec un montant global qui pourrait atteindre un maximum de 3 millions d’euros HT sur la durée du marché (4 ans, reconductions comprises).
Dans le détail, les missions confiées aux prestataires iront du diagnostic industriel ou logistique au conseil juridique, en passant par des audits flash de l’exploitation et de la trésorerie des sociétés en difficulté. Autant de tâches destinées à soutenir les entreprises et à apporter des éléments d’information et de réflexion aux différents services du ministère pour accompagner les transformations. Les bénéficiaires de ces travaux seront « prioritairement les ministres et leurs cabinets, les secrétaires généraux des ministères, et la Direction Générale des Entreprises dans une moindre mesure. » D’autres directions sont associées à la démarche, comme la Délégation Interministérielle aux restructurations d’entreprises (DIRE), et, si nécessaire, la Direction Générale du Trésor (DGT), ainsi que l’Agence des participations de l’État (APE). Contacté par l’Informé sur ce dossier, Bercy ne nous avait pas encore répondu à l’heure de la publication.