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Continuer la lectureSalesforce se sépare de plus de 170 salariés en France
L’éditeur de logiciels en ligne (Slack, Tableau...) vient de boucler une rupture conventionnelle collective en décembre dernier. Une nouvelle réduction de 700 emplois supplémentaires dans le monde est en cours selon le Wall Street Journal.
Ce 18 janvier, bras dessus bras dessous avec Emmanuel Macron, le patron de Salesforce ne masque pas son enthousiasme. « Je respecte profondément le leadership (...) du président Macron, lance Marc Benioff dans un tweet enflammé depuis le Forum de Davos. Il a réussi à persuader de grandes entreprises ...
Le dirigeant de l’éditeur de logiciels en ligne spécialiste de la gestion de la relation client oublie toutefois un détail. Il vient de boucler en décembre un plan de départs volontaires de grande ampleur dans l’Hexagone qui a touché plus de 170 postes a appris l’Informé. À l’instar de Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp), de Microsoft et de Google, la société a choisi d’utiliser la rupture conventionnelle collective (RCC). Cette coupe fait suite à l’annonce, il y a un an, de réduire les effectifs de 10 % dans le monde (8 000 postes) pour un coût estimé entre 1,4 et 2,1 milliards de dollars. Et une nouvelle réduction de 700 emplois de plus est en cours selon le Wall Street Journal.
Les équipes tricolores regroupent aussi bien les salariés de Salesforce que ceux de Slack, la messagerie en ligne rachetée en 2020 (27,7 milliards de dollars) ou de Tableau Software acquis en 2019 (15,7 milliards de dollars). Au total, la filiale employait 1 770 personnes début 2023, avant le début du plan de départ.
Sans surprise, Marc Benioff a aussi préféré passer sous silence ses ennuis avec le fisc. Depuis 2015, sa société a subi des redressements en rafale de Bercy, avant de trouver un arrangement sur le calcul du chiffre d’affaires déclaré en France. Conclu le 13 avril 2022, cet accord, lié aux prix de transfert, détermine la bonne règle de calcul à appliquer pour le groupe américain. Un dispositif qui a nécessité de modifier l’organisation du groupe, avec davantage d’autonomie donnée aux filiales. « Au cours de l’exercice 2020, nous avons commencé à abandonner cette structure européenne centralisée au Royaume-Uni pour permettre à certaines de nos filiales locales en Europe, y compris en Allemagne et en France, de facturer directement les clients », peut-on lire dans les comptes de l’entreprise.
Dans la foulée, ce nouveau mode de calcul a permis de relocaliser davantage de chiffre d’affaires dans l’Hexagone. Les revenus déclarés ont ainsi presque triplé passant de 289 millions d’euros en 2020 à 750 millions d’euros l’an dernier. En parallèle, le montant de l’impôt sur les sociétés a, lui, été multiplié par six sur la même période. De 2,4 millions il s’est établi à 14,5 millions d’euros en 2022 ! Interrogée à ce sujet, la multinationale a répondu « respecter les législations fiscales de chaque pays. En France, nous nous sommes engagés de manière proactive et collaborative avec les autorités fiscales françaises, à examiner en profondeur nos opérations et nous acquitter des taxes appropriées à payer. »
Salesforce joue coup double sur l’IA
Le groupe américain continue d’investir dans les technologies d’intelligence artificielle avec son fonds Salesforce Ventures qui a doublé de taille l’an dernier, passant de 250 à 500 millions de dollars. Ce véhicule financier a déjà pris des participations dans plusieurs start-up dont Anthropic cofondée par des anciens d’OpenAI à l’origine de ChatGPT. Ce sujet sera au centre du prochain salon World Tour de Salesforce qui se déroulera à Paris au mois de mars.