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Continuer la lectureQwant, le moteur « made in France » de plus en plus dépendant de Microsoft
En grande difficulté financière, la start-up externalise encore un pan d’activité auprès du géant américain. Elle a évité la faillite de peu mais va devoir rembourser sa dette d’ici à 2029.
Voilà qui fait mauvais genre. Qwant, le moteur de recherche européen qui se pose en garant de la vie privée face à Google, accroît sa dépendance à… un Gafam : Microsoft. Déjà, la start-up s’appuyait sur l’Américain pour diffuser les publicités présentes sur son site (93 % de son chiffre d’affaires). Mais maintenant, elle lui confie aussi la commercialisation de ses espaces « Shopping » : lors d’une recherche sur les termes « téléphone mobile » par exemple, un carrousel d’images basé sur Bing de Microsoft s’affiche désormais au-dessus des résultats et propose à l’achat une sélection d’appareils. « Nous avons en effet arrêté de gérer en propre cette activité pour nous recentrer sur notre cœur de métier : Qwant Search, Qwant Maps et Qwant Junior ainsi que les produits autour de la privacy comme les extensions de navigateur Qwant@Work et Qwant VIPrivacy », indique la société à l’Informé.
À vrai dire, cet appel à Microsoft fait partie d’une stratégie plus globale de réduction des coûts. Engagée dans une chasse aux économies, la jeune pousse a également fermé plusieurs bureaux aux Pays-Bas, en Italie et en Allemagne. De même, son activité Qwant Entreprise est en cours de liquidation. « À l’arrivée de Corinne Lejbowicz et Raphaël Auphan à la direction, l’objectif était de recentrer nos efforts (...) et de consolider les équipes pour entamer une nouvelle phase de croissance, explique une porte-parole. Nous avons donc simplifié l’organisation et lancé la fermeture des filiales. »
Car l’entreprise a besoin de cash. Bien que sa situation s’améliore - en 2021, selon les dernières données publiées, son chiffre d’affaires a progressé de 36,7 % pour dépasser pour la première fois le seuil des 10 millions d’euros (10,29 millions) et ses pertes ont baissé de 28 %, à 9,16 millions d’euros -, elle a toujours une montagne de dettes à honorer. Comme nous l’avions révélé, elle a miraculeusement échappé à la faillite en négociant un échelonnement des remboursements avec ses créanciers… mais l’ardoise n’est pas effacée. La société doit verser 15 millions d’euros à la Banque européenne d’investissement (BEI) entre 2024 et 2029. La situation a été si tendue qu’une procédure d’alerte a même été engagée par le commissaire aux comptes.
Qwant va devoir trouver de nouvelles ressources avant d’atteindre l’équilibre financier. Il lui restait 10,5 millions d’euros en caisse à la fin juillet 2022. Interrogée au sujet du remboursement du prêt garanti par l’État de 3 millions d’euros souscrit durant la pandémie en 2021 (dont 1,5 million provenant de la Banque Publique d’Investissement), la start-up n’a pas souhaité répondre. Et concernant une possible augmentation de capital à venir, elle a simplement précisé qu’elle « ne manquerait pas de communiquer sur le sujet en temps voulu ».