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Continuer la lecturePourquoi les sites pirates Uptobox, Upvid, UQload et Vudeo sont de nouveau bloqués
En janvier et mai 2023, le tribunal judiciaire de Paris ordonnait le blocage de plusieurs sites pirates dont le très populaire Uptobox. Le site est réapparu sous de nouveaux noms de domaine. Ce qui a forcé la justice à agir de nouveau.
En janvier 2023, la justice exigeait des fournisseurs d’accès à Internet (FAI) le blocage de trois « cyberlockers » (Upvid, UQload, et Vudeo) parce que ces hébergeurs permettaient le stockage et le partage de contenus illicites, en toute connaissance de cause. En mai de la même année, plusieurs sites équivalents dont Uptobox ont fait les frais de mesures identiques parce qu’ils abritent sans autorisation des fichiers de téléchargement de films et séries. Bouygues Télécom, Free, Orange, SFR et SFR Fibre se devaient alors de couper l’accès à une liste de noms de domaine pendant une période de 18 mois à leurs entiers frais. Après ces jugements, l’industrie du cinéma, dont la Fédération nationale des éditeurs de films (FNEF), le Syndicat de l’édition vidéo numérique (SEVN), l’association des producteurs indépendants (API), l’Union des producteurs de cinéma (UPC), le Syndicat des producteurs indépendants (SPI) ont constaté la réapparition de nouveaux noms permettant d’accéder là encore à ces mêmes sites. En avril et mai 2023, ils ont donc de nouveau assigné les mêmes FAI, épaulés par le Centre national du cinéma. Et ils viennent tout juste d’obtenir une nouvelle décision de blocage de la part du tribunal judiciaire de Paris, que révèle l’Informé.
C’est encore suite à une série de procès-verbaux par les agents assermentés de l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA) que la justice a pu constater que ces sites sont revenus sur le devant de la scène via de nouveaux noms, pour encore proposer l’accès à des contenus sans aucune autorisation. Ainsi, écrit la décision, « Uptobox persiste à mettre à disposition du public sans autorisation des œuvres audiovisuelles/cinématographiques du répertoire des demandeurs, pouvant être téléchargées à partir des noms de domaine uptobox.eu, uptobox.site, uptostream.eu, uptobox.com, et en particulier les œuvres suivantes : Bullet Train, Black Adam ». Sur Vudeo, ce sont les films Fast And Furious X et Bonne Conduite qui ont été repérés et sur UpVid, le dernier James Bond (Mourir Peut Attendre) et un autre blockbuster, Moonfall.
Les ayants droit ont mobilisé l’article L.336-2 du code de la propriété intellectuelle qui leur permet d’obtenir du juge « toute mesure » leur permettant de faire cesser ou prévenir une atteinte à leurs droits de propriété intellectuelle. Et leurs constats ont été jugés suffisamment probants pour que le tribunal judiciaire ordonne une nouvelle fois le blocage des nouveaux noms de domaines des trois cyberlockers jusqu’au 19 juillet 2014 :
- Opvid.org
- Uqload.co
- Vudeo.co
Orange, Bouygues, Free et les autres intermédiaires devront également couper l’accès jusqu’au 11 novembre 2024 aux quatre appellations du site UpTobox suivantes :
- Uptobox.eu
- Uptobox.site
- Uptostream.eu
- Uptobox.com (nom déjà bloqué en mai 2023, NDLR)
Le tribunal a laissé à chaque fournisseur le soin de conserver le choix de la mesure technique à mettre en œuvre, pourvu qu’elle permette d’interdire à leurs abonnés l’accès à cette liste de noms de domaine.
Avec 1001ebooks, Yggtorren et Z-librairy, le site Uptobox fait partie de la liste noire des sites contrefaisants dressée par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom). Dans une décision d’avril dernier, la même autorité épinglait Uptobox pour avoir « commis des manquements graves et répétés aux droits d’auteur justifiant son inscription sur la liste ». Parmi les chiffres fournis, on découvrait que plus de 4,2 millions de ses URL avaient été supprimées des moteurs de recherche entre mars et octobre 2022, suite à des demandes de l’industrie du cinéma.
Selon les derniers chiffres que nous avons obtenus de l’ALPA, 1 100 sites ont fait l’objet d’une décision judiciaire depuis un jugement phare rendu en 2013. En tout, 3 143 noms de domaine ont été bloqués. Dans le lot, des sites pirates, mais aussi 42 services de télévision par Internet (IPTV) et une dizaine de cyberlockers.