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Continuer la lectureJuvamine, Mercurochrome, Marie Rose… Urgo étudie une vaste cession
Le groupe familial bourguignon, qui emploie 3 800 salariés dans le monde, veut se recentrer sur des activités à plus forte croissance.
Il y a bientôt 40 ans, Hervé Le Lous - fils du fondateur d’Urgo - créait les Laboratoires Juvamine. Avec à la clé une success story connue de tous et un slogan publicitaire « Si Juvabien, c’est Juvamine » qui reste encore ancré dans nombre de mémoires. Mais ses trois enfants, qui président le groupe bourguignon à tour de rôle depuis 2019, n’entendent pas sacraliser cet héritage. Selon nos informations, l’entreprise a reçu des marques d’intérêt non sollicitées pour Juva Santé, la maison mère des marques Juvamine, Mercurochrome, Marie Rose, Ricqlès, Esprit Bio, Intimy et Eostra.
Pour évaluer ces propositions et préparer une éventuelle cession, elle s’est adjoint les conseils de la banque d’affaires Natixis Partners, a appris l’Informé. Même si à ce stade aucun audit vendeur n’a été réalisé, le scénario d’une vente tient la corde. S’il venait à se matérialiser, cela se traduirait par une amputation d’une partie de l’activité d’Urgo Healthcare, le pôle regroupant l’essentiel de ses marques grand public. En effet, le périmètre en question représenterait quelque 130 millions d’euros de chiffre d’affaires sur un total de 300 millions, selon nos sources. En incluant sa branche Urgo Medical, le groupe tricolore affiche des revenus de près de 900 millions.
« Urgo envisage de se séparer de marques à faible valeur ajoutée, dont certaines sont déclinantes », estime un financier. « Juva Santé a connu un trou d’air pendant la période Covid mais en est sorti avec une solide croissance », estime un autre, pointant du doigt l’importance des supermarchés et hypermarchés dans le business model de ce pôle. Mercurochrome figure dans le portefeuille d’actifs du groupe depuis 1996 et la marque a depuis considérablement élargi sa gamme de produits. Elle propose, outre le célèbre antiseptique, des pansements, des thermomètres, du sérum physiologique ou encore des sutures adhésives. Marie-Rose (traitements anti-poux) et Ricqlès (alcool de menthe) avaient rejoint le portefeuille de produits de Juva Santé respectivement en 1997 et 2008.
Urgo, qui emploie 3 800 salariés dans le monde dont 2 000 en France (plus de 360 chez Juva Santé), cherche à se recentrer sur des activités à plus fort potentiel. En matière de M&A, l’entreprise familiale a profité de la première partie de l’année pour racheter Vista-Life Pharma, une petite société belge spécialisée dans la commercialisation de compléments alimentaires. Ainsi que MyBestPharm, une société polonaise à la tête d’un portefeuille de 25 produits allant de la beauté à l’immunité, en passant par le contrôle du poids.
À plus long terme, Urgo mise gros sur un programme de recherche de peau artificielle, développé en partenariat avec Dassault Systèmes. Baptisé Genesis, ce projet à 100 millions d’euros est soutenu par Bpifrance à hauteur de 20 millions dans le cadre du plan France 2030. Enfin, le groupe fait le pari de la médecine esthétique, en investissant dans des lasers capables de gommer les cicatrices et les rides.
Contactées, la direction d’Urgo et Natixis Partners n’ont pas souhaité commenter.