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Continuer la lectureMy Little Paris bientôt racheté par un membre du jury de « Qui veut être mon associé ? »
TF1, propriétaire du site depuis 2017, n’a finalement pas trouvé d’accord avec Geoffrey La Rocca, propriétaire de Konbini et du Gorafi. Mais il a déniché un outsider.
« Je suis un compétiteur. Quand je descends sur un terrain de basket, ce n’est pas pour jouer, c’est pour gagner. C’est inné en moi. » Cette phrase est celle d’un membre du jury de l’émission de M6 « Qui veut être mon associé ? », en l’occurrence Jean-Michel Karam. L’homme d’affaires d’origine libana...
« Son offre est supérieure de 20 % à celle de DC Company, TF1 ne pouvait pas refuser », estime une source. La valorisation de My Little Paris serait ainsi comprise entre 20 et 30 millions d’euros… pour un chiffre d’affaires avoisinant 30 millions d’euros et un Ebitda d’environ 3 millions, a appris l’Informé. Jean-Michel Karam est à l’origine de Memscap, un concepteur et producteur de solutions basées sur les systèmes électromécaniques. Cette entreprise a été introduite en Bourse en 2001, levant au passage 101 millions d’euros sur la base d’une valorisation de 430 millions. Avant une chute sans précédent de son marché et un redémarrage progressif, Memscap n’étant plus valorisé que 23 millions en Bourse aujourd’hui. En 2010, le dirigeant avait séparé de Memscap la branche cosmétique qu’il avait développée, devenue Ieva Group.
TF1 a été séduit par le parterre d’investisseurs réuni par celui qui se définit comme « l’entrepreneur du beau et du bien. » À son actionnariat, Ieva Group compte notamment Crédit Mutuel Innovation, Seb Alliance et Unilever - la multinationale étant entrée au capital lors de la revente à Ieva d’Intuiskin, maison mère des marques Ioma (elle-même créée par Jean-Michel Karam), Ioma Hair et Made With Care. « Jean-Michel veut s’appuyer sur l’audience de My Little Paris pour développer sa marque de cosmétique Ioma, ainsi que L’Atelier du Sourcil », précise une source.
TF1 n’a donc pas trouvé d’accord avec DC Company, pourtant pressentie pour reprendre le site, comme l’évoquaient Les Échos fin 2024. La maison mère de Konbini et du Gorafi, dirigée par Geoffrey La Rocca, misait essentiellement sur une offre en échange de titres. Mais la prudence semblait de mise, l’opération étant d’envergure pour une cible dont la santé financière est considérée par plusieurs observateurs comme précaire. À son heure de gloire, My Little Paris générait encore près de 10 millions d’euros d’Ebitda et comptait quelque 150 collaborateurs. Mais les effectifs ont depuis été divisés par 2, sous l’effet d’une restructuration poussée par la chaîne dirigée par Rodolphe Belmer.
Depuis plusieurs mois, les dirigeantes de My Little Paris, Céline Orjubin et Anne-Flore Chapelier, ont tenté de pousser leur propre offre de reprise basée, selon nos informations, sur 6 millions d’euros en cash et un crédit vendeur. Elles étaient notamment suivies par des salariés, mais celle-ci a toujours été exclue par TF1. « Il y avait une forte hostilité des dirigeantes à l’égard de l’offre de DC Company, pointée du doigt pour avoir fait partir quelques journalistes chez Konbini, relate un proche du dossier. Mais ça avait aussi été le cas lorsque Prisma s’était penché sur le dossier. »
Du côté des dirigeantes, l’amertume est réelle. L’offre de Jean-Michel Karam a été une énième mauvaise surprise, écartant à nouveau leur proposition de reprise. Le 21 mai, Anne-Flore Chapellier a discrètement démissionné de son mandat de directrice générale. L’avenir de Céline Orjubin semble pour sa part incertain, certains mentionnant que l’actuelle direction du e-commerce (qui représente près de 90 % du chiffre d’affaires de My Little Paris) pourrait reprendre le flambeau. Leur regret est d’autant plus compréhensible que TF1 vient tout juste d’accepter de céder son agence de communication Magnetism à ses fondateurs, Nicolas Sarrail et Samuel Katan. Lors de la cession de son pôle médias en ligne à Reworld en 2022, la Une avait conservé My Little Paris, Magnetism et Ykone. Ces dernières cessions viennent donc clore l’aventure de la filiale de Bouygues dans les start-up du web.
Contactées, les deux dirigeantes n’ont pas souhaité commenter, tout comme TF1, DC Company et Jean-Michel Karam.