Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Médias - Culture

L’éditeur de Poublic veut racheter Public

Créateur de « Poublic », Frédéric Truskolaski a fait une offre à CMI, le groupe de Daniel Kretinsky, pour acheter le titre original de presse people.

Photo
Montage l’Informé

Merci, mais non merci. Selon nos informations, l’éditeur de presse Frédéric Truskolaski, régulièrement décrié par ses concurrents pour des titres trop proches des leurs (Clooser, Trance Dimanche), veut mettre la main sur le magazine people Public, récemment mis en vente par CMI. Premier candidat à faire une offre, il imagine redresser le journal en basculant la parution d’hebdomadaire à quinzomadaire, et en réduisant ses dépenses. Avec 11 journalistes et une vingtaine de pigistes, le titre aurait une base de coûts trop élevée compte tenu de ses ventes, selon Jean-Marc Nothias, à la tête des activités médias de Frédéric Truskolaski.

Plutôt déterminé, l’homme d’affaires a proposé la somme de 2 millions d’euros via sa société de droit britannique RL Mags, déjà propriétaire des magazines comme Télé 15 jours et Télé Programmes. Un joli montant ? Le prétendant ne semble cependant susciter que dédain en retour, même s’il est pour l’instant l’unique candidat déclaré. « Nous avons reçu une offre, mais nous n’y donnerons pas suite », balaye ainsi l’éditeur de Elle, Marianne, Télé 7 jours et France Dimanche.

Il faut dire que plusieurs différends opposent Frédéric Truskolaski et son concurrent. En 2019, le trublion de la presse s’est amusé à lancer un magazine opportunément appelé Poublic. De quoi provoquer la colère de CMI qui lui intente alors un procès en référé devant le Tribunal de Commerce de Paris. Si l’agitateur assure ne pas vouloir copier mais parodier, les magistrats jugent sa société éditrice coupable de « concurrence déloyale et parasitaire ». Poublic est interdit de vente… Coriace, le provocateur pousse le dossier en appel. Sans plus de succès. Format identique, même police de caractères à l’exception d’un petit O, même mise en page… Selon la cour, les similitudes entre les deux titres seraient « propres à générer un risque manifeste de confusion avec Public ». Les juges d’appel condamnent la société de Frédéric Truskolaski à payer 30 000 euros de dommages, plus 5 000 euros de frais de justice.

Mais ce n’est pas tout. Le groupe de presse de Daniel Kretinsky a aussi lancé une seconde procédure, cette fois devant le tribunal judiciaire de Paris, contre quatre autres titres de Truskolaski : Ici, Ici Actu, Ici France et Trance Dimanche, accusés là encore de s’inspirer un peu trop de ses magazines Ici Paris et France Dimanche. En octobre 2021, le tribunal a interdit l’utilisation de ces marques et condamné les sociétés éditrices à verser 163 372 euros de dommages pour « contrefaçon de marque, concurrence déloyale et parasitisme ».

Pour être tout à fait complets, la concurrence entre Frédéric Truskolaski et CMI a même viré à l’affrontement personnel. L’homme d’affaires décrié, dans son magazine Oops, s’en est pris à la patronne de CMI, Claire Leost, et à l’ex directrice de la rédaction de Public, Myriam Palomba. Les deux femmes ont porté plainte pour diffamation. La première affaire n’a pas encore été jugée, mais dans la seconde, « Trusko » et sa société ont été condamnés fin 2021 pour diffamation et photomontage, une décision confirmée en appel en septembre 2022.

Aujourd’hui, Frédéric Truskolaski édite encore Clooser par exemple, qui se veut une parodie de Closer. Mais son bras droit Jean-Marc Nothias assure vouloir développer des magazines originaux. « Les titres parodiques, c’est intéressant, mais ça ne fait pas un fond de catalogue ».