L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureFrançaise des Jeux : l’État empoche un pactole historique sur les lots non réclamés
Depuis la loi Pacte de 2020, l’État touche une grande partie de cette manne, plus d’un demi-milliard d’euros en quatre ans. Avec, en 2023, un record.
Les Français, un peu tête en l’air, donnent de l’oxygène à l’État. Car les étourdis qui oublient de réclamer leurs lots aux jeux de grattage, de tirage ou de paris sportifs, auprès de la Française des Jeux (FDJ) renflouent, sans le savoir, les caisses des finances publiques. Pour rappel, les joueurs ...
Cette somme sera versée au cours du premier semestre de cette année. À titre de comparaison, le ministère de l’Économie et des Finances devrait recevoir seulement 69,5 millions d’euros de dividendes en tant qu’actionnaire grâce à ses 20,4 % du capital de la FDJ. L’exercice a pourtant été bon : le groupe, privatisé en 2019, a affiché un solide chiffre d’affaires de 2,62 milliards d’euros en 2023 en hausse de 6,8 % pour un résultat net de 425 millions d’euros.
Cette étonnante augmentation des gains non réclamés s’explique par la « fin de vie » de « blocs de jeux de grattage à forte activité » (Jackpot, Mots Croisés) selon la société. Une bonne nouvelle qui survient au moment où le gouvernement manque d’argent et cherche même à réaliser 10 milliards d’euros d’économies. Il a pourtant été déjà aidé par la loi Pacte de 2020. Depuis son entrée en vigueur, la Française des Jeux doit donner les montants non réclamés chaque année et ne peut plus les conserver. Seuls les prix de rang 1, c’est-à-dire les gros lots des joueurs qui ont choisi tous les bons numéros au Loto, à l’Euromillions ou à My Million sont conservés par la FDJ. Ces sommes servent à mieux doter les jackpots suivants ou à animer des actions commerciales. Tout le reste revient à l’État qui, en l’espace de quatre ans, a empoché, selon nos calculs, 539,8 millions d’euros au total grâce à ce dispositif décidément bien trouvé.
Avec ou sans les étourdis, l’avenir semble radieux pour la FDJ. Après avoir mis la main sur le spécialiste des paris hippiques ZEturf et sur l’opérateur de la loterie en Irlande, PLI, elle a annoncé en janvier vouloir acquérir son concurrent suédois Kindred (maison mère d’Unibet) pour 2,6 milliards d’euros. Sans compter que les JO de Paris et l’Euro de football risquent de doper ses résultats cette année. De quoi laisser espérer de nouvelles rentrées d’argent pour l’État.