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Médias - Culture

Face au PMU, Cyril Linette renvoyé dans les cordes

L’ancien directeur général du PMU a attaqué son ex-employeur aux prud’hommes pour requalification de son contrat et licenciement abusif. Il vient de subir une lourde défaite.

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JOEL SAGET / AFP

C’est une ruade comme le monde équestre n’en a pas connu beaucoup. Brutalement révoqué de ses fonctions fin 2021, Cyril Linette, ancien directeur général du groupement d’intérêt économique de la filière hippique - le GIE PMU (réunissant 66 sociétés de course) - a décidé de traîner en justice l’instan...

L’ancien journaliste sportif a donc vu son argumentaire totalement rejeté. Depuis le début de l’affaire, le dirigeant assure ne pas avoir été simple mandataire social mais salarié à la fois du GIE PMU et des deux associations, présentées comme de véritables « sociétés mères » et coemployeurs. « Cyril Linette était constamment, sous ordre et sous surveillance », a plaidé son avocat lors de l’audience d’octobre dernier, pour montrer que son client n’avait aucune marge de manœuvre. Pour lui, les statuts du groupement d’intérêts assuraient de facto au Trot et à France Galop « un total contrôle des décisions prises par le conseil d’administration du GIE PMU ». Un conseil tenu à plus de 50 % par l’État et les « sociétés mères », ces dernières ayant plus de 95 % des droits de vote au sein des assemblées générales du PMU, a souligné l’avocat, citant un rapport de la Cour des comptes (« L’Institution des Courses ») de 2018. Pour conclure : « Ce n’est pas le Président et /ou le Directeur Général du GIE PMU qui en assure la direction et la gestion. Très vite, mon client s’aperçoit qu’il est aux ordres. Pourquoi pas. Mais qu’on le lui dise ! ». Et d’ajouter « l’évolution en façade de la direction du GIE PMU, en réaction aux injonctions de la Cour des comptes ». La preuve ? « A l’été 2020, le retrait d’une ligne de liquidités (dite « comptes bloqués ») d’un montant de 112 000 000 €, logée au sein du GIE PMU, a été décidée au bénéfice des « sociétés mères » ».

Le clash « Themis » et la rebuffade des salariés

Or, début 2020, un événement va précipiter la chute de Cyrille Linette. À cette date, le GIE PMU cherche de nouveaux locaux pour son siège social. L’idée ? Partager les mêmes espaces avec les deux associations pour réduire les charges. Plusieurs sites sont visités, mais c’est l’immeuble Themis, porte de Clichy à Paris qui, de 4ème choix est finalement retenu. Le Trot et France Galop veulent s’en rendre propriétaires via une SCI et imposer la location à GIE PMU. L’annonce est faite le 23 mars 2021 lors d’un CA.

Mais les salariés du GIE PMU se rebiffent : demande d’expertise, mise en cause de la localisation, rumeur de synergies et de réduction d’effectifs... Le 8 octobre 2021 en soirée à Vincennes, la piste de courses est même bloquée par des élus syndicaux. Sans surprise, le 11 octobre 2021, le CSE du GIE PMU rend un avis défavorable à l’unanimité sur le projet de déménagement. Or, Cyril Linette émet à son tour, dès le 6 octobre, lors d’une réunion intersyndicale, « les plus grandes réserves » sur le projet Themis : son sort est scellé. Lors du conseil d’administration du 15 octobre 2021, le président du GIE PMU, Philippe Augier demande la révocation de Cyril Linette pour faute. Elle lui sera annoncée une semaine plus tard : on lui reproche notamment d’avoir créé un « climat social conflictuel ».

Un mandataire social, pas un salarié selon le GIE PMU, Le Trot et France Galop

Aux prud’hommes, face à Cyril Linette, trois avocates du GIE, de France Galop et Le Trot ont tenté - avec succès donc - de démolir les deux principaux arguments du DG déchu. Un, il n’est nulle question de « sociétés mères » : le GIE n’est pas une SA. Deux, l’ancien dirigeant n’a jamais été salarié : « Aucune ambiguïté, c’est un mandataire social, a asséné le conseil du groupement d’intérêts. Il est inscrit comme tel au Kbis. Vous n’avez aucune pièce sur les ordres qu’il dit recevoir. » Une ligne reprise par ses consœurs : ni cotisation à Pôle emploi, ni lien de subordination… il n’y avait aucune raison que le conseil des prud’hommes requalifie son contrat de travail. Les avocates ont donc été entendues.

Mais Christophe Ayela, du cabinet Stas et associés, conseil de Cyril Linette, ne compte pas en rester là : « nous allons poursuivre les procédures, soit aux prud’hommes en appel, soit sur la révocation abusive au tribunal de commerce. Nous sommes sereins et savons qu’il y aura condamnation de toutes façons. »