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Médias - Culture

Editis : Kretinsky et Olivennes écartent les proches de Bolloré

Moins d’un mois après avoir racheté l’éditeur avec CMI, le milliardaire tchèque et son bras droit commencent à revoir les organigrammes. Plusieurs maisons, dont Plon et Julliard, sont concernées.

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Stevens Tomas / Stevens Tomas/ABACA

Les jours de Lise Boëll à la tête du célèbre éditeur Plon sont visiblement comptés. Depuis que CMI, société du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, a racheté sa maison mère Editis à Vivendi, le groupe de Vincent Bolloré, la dirigeante est sur la sellette. Longtemps éditrice d’Eric Zemmour ou encore...

Selon nos informations, un candidat, en interne, fait office de favori pour la remplacer. Il s’agit de Jean-Luc Barré des éditions Bouquins, autre maison d’Editis. L’auteur de De Gaulle, une vie (Éditions Grasset) a le vent en poupe après avoir glané début novembre le Prix Renaudot dans la catégorie essai. « C’est un candidat naturel à ce poste », confirme un proche. Contacté, Jean-Luc Barré n’a pas répondu à nos sollicitations.

Un autre dossier urgent mobilise les troupes : l’avenir de Julliard, « une immense maison littéraire (...) a un peu disparu aujourd’hui » comme l’indiquait Denis Olivennes sur France Inter, avant de préciser : « si demain un grand éditeur voulait la prendre en charge et en refaire la grande maison qu’elle a été, et accueillir les Françoise Sagan d’aujourd’hui, on en serait ravis. » La patronne actuelle, Stéphanie Chevrier, a été chargée ces derniers mois de relancer cette marque, tout en conservant ses responsabilités au sein des Éditions de la Découverte. Mais elle pourrait finalement laisser sa place.

La nouvelle direction doit aussi se pencher sur un autre sujet sensible. « On attend que les Vivendi boys se fassent virer rapidement », indique un salarié. Ces dernières années, Editis a vu arriver pas moins de cinq proches du président du directoire de Vivendi, Arnaud de Puyfontaine, dont quatre n’avaient pourtant aucune expérience préalable dans l’édition. La propre fille de « ADP », Inès, travaillait jusqu’à récemment comme éditrice extérieure chez Première Fois Éditions (Clique Éditions) une filiale créée en 2021 et dirigée par Mouloud Achour (animateur chez Canal+). Dans ce clan de fidèles, plusieurs sont maintenant sur le départ : Clément Pelletier actuel directeur du développement et ancien directeur de cabinet d’Arnaud de Puyfontaine chez Mondadori puis Vivendi. Tout comme le directeur financier, Laurent Mairot, ancien conseiller d’ADP chez Vivendi, comme l’a indiqué La Lettre.

Toutefois, Benjamin Tancrède, un membre de la famille de « Puyf » bombardé directeur général du pôle Éducation et formation, semble confirmé à son poste. Reste le cas de Stéphane Watelet, camarade d’ADP depuis les années prépa. Il a vendu en 2019 à Editis son petit éditeur Télémaque (valorisé à cette occasion 565 000 euros), et en a conservé la direction, avant de prendre la tête de la plate-forme d’écriture communautaire Scribay (rebaptisée l’Atelier des auteurs). Pour beaucoup en interne, son avenir semble plus que compromis. Interrogé, Vivendi précise que tous ces recrutements ont été réalisés sans l’intervention de son président du directoire, mais par la direction générale et de la Direction des ressources humaines d’Editis. « Après de nombreuses années dans le secteur des médias et de l’édition, Arnaud de Puyfontaine connaît naturellement beaucoup de monde. Le fait de connaître ou d’avoir un lien de parenté ne doit pas poser de frein à un recrutement, pas plus qu’il ne doit l’encourager. Seules comptent les compétences », indique une porte-parole du groupe. Quant à l’acquisition de Télémaque, « elle a été approuvée par un comité d’investissement ».

Dans tous ces chantiers, Kretinsky et Olivennes veulent aller vite car le temps presse : les résultats d’Editis ces derniers mois ne sont pas bons, avec 14 millions de pertes enregistrées au premier semestre (contre une perte de 6 millions d’euros sur la même période l’an dernier). Vivendi a même dû céder Editis, pour 653 millions d’euros, alors qu’il était valorisé 829 millions d’euros lors de son acquisition en 2018.

Contactés, ni Editis, ni son président, Denis Olivennes, n’ont souhaité faire de commentaires sur cette réorganisation.