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Continuer la lectureCMA CGM bien parti pour reprendre Air & Cosmos
Plusieurs offres ont été déposées pour racheter le magazine de l’aéronautique… mais l’armateur marseillais est prêt à sortir le plus gros chèque.
L’horizon se dégage pour Air et Cosmos. Selon nos informations, trois candidats se sont manifestés pour reprendre le magazine incontournable de l’aéronautique, en redressement judiciaire depuis décembre. Comme l’Informé le prévoyait, CMA CGM a déposé une offre. Sa filiale CMA Media, qui regroupe BFM, RMC, La Tribune, La Provence et Corse Matin propose de payer 200 000 euros pour reprendre la plupart des actifs ainsi que 8 des 10 salariés (sans le rédacteur en chef). La société indique dans son dossier transmis au tribunal de commerce de Paris que « son prix a été établi en tenant compte de la dette abonnés et du risque d’exercice de la clause de cession des journalistes, et du coût social significatif que cela implique ».
Pour cette somme, l’armateur marseillais veut racheter les marques et noms de domaine, le fonds documentaire, le fichier abonnés et clients et les contrats qu’elle juge essentiels. Son projet ? Maintenir le magazine papier, mais étudier un passage d’une parution hebdomadaire à mensuelle et la création de newsletters, réfléchir à une édition en anglais, pousser la croissance des abonnements papier et numérique, et mettre en place « un tunnel de conversion à partir des audiences de La Tribune et de BFM Business », sans oublier le développement de l’activité événementiel. Des économies sont également prévues, avec l’arrêt des ventes en kiosque, le déménagement dans les bureaux parisiens de CMA Média, à Balard, et le recours aux fonctions support du groupe.
Mais le groupe de Rodolphe Saadé n’est pas seul sur l’affaire. Face à lui, l’éditeur néerlandais ProMedia group a également formulé une offre à 90 000 euros par le biais de sa filiale française, créée en décembre dernier. Comme CMA-CGM, sa proposition concerne 8 des 10 salariés (y compris le rédacteur en chef, cette fois), mais son dossier indique « envisager de poursuivre la collaboration avec les pigistes indépendants qui ont contribué régulièrement aux différentes publications ». L’équipe serait maintenue dans ses locaux de la rue de Lourmel, à Paris.
Créé en 2010, et axé « online first », ProMedia publie plus de 20 titres professionnels et organise des événements pour les secteurs du transport, de la logistique, de l’aviation, du maritime, du ferroviaire et de la douane. Ce groupe de 160 personnes, pour un chiffre d’affaires annoncé de 20 millions d’euros, comprend aussi la société Royal Dirkzager, spécialisée dans la gestion et l’analyse de données maritimes à l’échelle mondiale. Fin 2024, il avait déposé, sans succès, un dossier de reprise de Supply Chain magazine, un des titres de François Grandidier (Téma, Groupe6TM).
Reste un troisième candidat en lice : un duo composé de Néopar - une société d’investissement à capitaux familiaux fondée et présidée par François-Denis Poitrinal, spécialiste du retournement d’entreprises en difficulté (Parisot, Vectra-NextRoad, Guénifey) - et Patrick Bergot. Ce dernier, âgé de 62 ans, est président de Parresia, un groupe de presse B2B dans la santé. Ensemble ils proposent de repartir avec 3 salariés et envisagent une analyse au cas par cas des collaborations avec les pigistes. Leur prix est fixé à 5 000 euros.
Contactés, les trois candidats à la reprise d’Air & Cosmos, n’avaient pas répondu à nos questions à l’heure où nous publions.