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Continuer la lectureCauet : cette condamnation pour licenciement abusif qui contredit ses affirmations
Interrogé sur l’ambiance de travail dans sa société, l’animateur a assuré sur BFM TV que sa société n’avait jamais fait l’objet d’une saisine aux prud’hommes. C’est faux.
« J’ai eu un comportement exemplaire avec les gens avec qui j’ai travaillé », assurait Sébastien Cauet, le 11 décembre, sur le plateau de BFMTV. Le célèbre animateur radio, aux millions d’auditeurs, est visé depuis quelques semaines par des plaintes pour viols ou agressions sexuelles à l’encontre de ...
L’animateur aurait-il parlé trop vite ? Selon nos informations, un dossier jusque-là passé sous les radars bat en brèche cet argument. En effet, une ancienne productrice de Be Aware Radio, la société de Sébastien Cauet, a bel et bien saisi la justice pour dénoncer ses conditions de travail et les circonstances de son éviction. Et l’année dernière, la cour d’appel de Paris a même condamné l’entreprise pour licenciement abusif dans cette affaire.
Ici, il n’est pas question d’accusations de violences sexuelles, mais de la dénonciation d’un environnement professionnel problématique. D’abord, l’ancienne employée a rapporté devant les instances judiciaires qu’elle travaillait plus de 50 heures par semaine, qu’elle finissait souvent à plus de 22h bien qu’elle commence à 9h. Voire plus tôt : elle a fourni à la justice des attestations d’anciens collègues, qui témoignent de sa présence dès 5h ou 6h du matin pour organiser l’émission matinale de Rires et chansons. L’ex-salariée a aussi produit des textos adressés par Cauet tard dans la nuit ou très tôt le matin. Quelques mois avant son départ, la jeune femme avait commencé à co-animer le programme « C’Cauet » aux côtés du célèbre animateur, en plus de ses missions de productrice, sans contrepartie financière. La cour d’appel a condamné la société Be Aware à lui rembourser 16 000 euros d’heures sup’.
Après dix ans passés dans la société, la productrice fait un burn-out en 2017, et reste sept mois en arrêt maladie à cause d’un syndrome dépressif et de lourdes angoisses. Un moment d’autant plus difficile pour la jeune femme qu’elle doit à l’époque emprunter de l’argent dans l’attente du versement de ses indemnités, la société de Cauet ayant tardé à adresser son arrêt à l’assurance maladie et l’organisme de prévoyance de la boîte. Peu après, le médecin du travail déclare la jeune femme inapte à ses fonctions de productrice co-animatrice, avant de préciser qu’elle pourrait assumer un autre poste dans un environnement différent. Sauf que Be Aware Radio renvoie la collaboratrice pour inaptitude sans chercher à la reclasser ailleurs dans la société. La justice d’appel a donc jugé ce licenciement abusif et exigé que la société verse, en tout, plus de 50 000 euros d’indemnités à son ancienne salariée.
Aux prud’hommes, l’ancienne productrice dénonçait aussi l’ambiance et le management à l’œuvre dans la société du célèbre animateur. La requérante soutenait que « malgré son désaccord et sa réticence, elle a été contrainte par Sébastien Cauet ou les auditeurs de réaliser des défis physiques », qu’elle décrit comme « dangereux » et « humiliants ». Dans le studio, la jeune femme a par exemple dû mordre dans une chaussette sale ou supporter le poids de deux hommes sur son dos pour former une pyramide humaine. La jeune femme reprochait aussi la star de radio de l’avoir traitée de « connasse » dans le cadre d’une discussion écrite. La justice n’a pas retenu le caractère insultant de l’expression, « les participants ayant manifestement pour habitude d’utiliser des termes grossiers ».
Quant aux défis, la société Be Aware Radio a fait valoir que la jeune femme « a conservé sa faculté d’accepter ou non ces défis, et qu’elle a validé le contenu des émissions en sa qualité de productrice ». Un argumentaire qui a convaincu la justice. La cour d’appel n’a donc pas analysé ces faits comme du harcèlement moral, contrairement à ce que voulait faire reconnaître la plaignante. « C’est invraisemblable de dire qu’il n’y avait aucune pression et que ma cliente se livrait aux défis librement. Quand il y a un lien de subordination hiérarchique, c’est quand même compliqué de refuser, assure aujourd’hui son avocate, Me Isabelle Wekstein, sollicitée par l’Informé. Ma cliente a grandement souffert pendant des années. » Interrogé sur cette condamnation, Me Xavier Autain, un des avocats de Sébastien Cauet, rappelle que son client, ne fait l’objet « d’aucune poursuite judiciaire et encore moins d’une condamnation ».
Contactée, la société Be Aware n’avait pas répondu à nos sollicitations à l’heure de la publication de l’article.