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Médias - Culture

Après GL Events, la famille Noisiez investit dans le prestataire audiovisuel Videlio

Fortune faite grâce à la société de nettoyage GSF, la holding familiale Trévise multiplie les emplettes.

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Koonsiri - stock.adobe.com

Le business des services de propreté peut mener à tout. C’est ce que montre la famille Noisiez, qui doit sa fortune à la société de nettoyage GSF (45 000 salariés pour 1,3 milliard de revenus). Depuis 2022 et la vente au fonds TowerBrook d’une partie du capital de l’affaire familiale, alors valorisée près d’un milliard d’euros, le clan investit loin de ses bases via la holding Trévise. Précisément, cette structure est contrôlée à 65 % par une fondation à caractère philanthropique créée par le patriarche Jean-Louis Noisiez (décédé il y a un an et demi, à 87 ans), les derniers 35 % appartenant à son fils Franck et à ses deux filles. L’an passé, la holding a pris le contrôle d’Edeis, entreprise polyvalente qui rassemble des activités d’ingénierie et d’exploitation d’aéroports, et se développe aussi dans la gestion de sites culturels sous délégation de service public (théâtre antique d’Orange, arènes de Nîmes…). Début 2024, à la surprise générale, Trévise a aussi pris directement et indirectement 18 % de GL Events1, le géant français de l’événementiel, devenant son deuxième actionnaire. Elle s’apprête maintenant à boucler une nouvelle opération, a appris l’Informé : une prise de participation majoritaire dans Videlio, un prestataire de services techniques audiovisuels.

En 2021, cette entreprise a fait l’objet d’une OPA réalisée avec l’aide du fonds Hivest, qui l’a sorti de la Bourse et reste son actionnaire financier de référence. Affichant 360 millions de chiffre d’affaires, elle assure la sonorisation, la transmission vidéo et l’éclairage d’évènements privés ou grand public, des grands-messes du CAC 40 (Engie, L’Oréal, LVMH…) aux étapes du Tour de France et aux matchs de Roland Garros. En parallèle, Videlio aménage aussi les salles de réunion ou les postes de travail des entreprises pour la visioconférence. Elle travaille également sur la scénographie audio ou vidéo d’expositions ou de musées - comme sur le parcours de visite de l’Hôtel de la marine, place de la Concorde à Paris. Mais elle collabore aussi beaucoup avec des croisiéristes comme MSC dont elle aménage les bâteaux avec ses équipements audiovisuels. Cette activité - dans laquelle Videlio revendique même le rang de leader mondial - est un peu le navire amiral du groupe : celle qui connaît la plus forte croissance (+ 14 % en 2023 contre 10 % en moyenne pour Videlio) et qui contribuerait à la majorité de ses quelque 25 millions d’Ebitda.

Selon nos informations, Videlio a même étudié une scission de son pôle croisières en 2023, avant de se raviser en voyant tout le bénéfice financier à conserver cette activité plutôt que de s’en passer. C’est dans un deuxième temps que Trévise s’est manifesté, avec un intérêt pour l’entreprise dans sa globalité. La holding a tenté une approche de gré à gré (c’est-à-dire en dehors de tout processus d’enchères) qui a convaincu les actionnaires du prestataire. Conseillée par les banques d’affaires Rothschild & Co et Hottinguer Corporate Finance, en particulier pour la levée d’un financement d’acquisition, elle va prendre le contrôle de Videlio dans les prochains jours. Hivest restera actionnaire de l’entreprise, tandis que le poids de l’équipe de direction menée par Xavier Renaud va par ailleurs se renforcer au capital. Trévise compte notamment épauler le management à renforcer la PME dans les services aux entreprises et dans l’évènementiel : en Europe, Videlio fait partie des quelques prestataires audiovisuels présents dans plusieurs pays (comme l’Italie, la Suisse…) face à une concurrence un peu éparpillée.

En une grosse année, Trévise aura donc bouclé trois opérations. Peu à peu, la holding se constitue un petit empire dans le monde des services aux entreprises… Mais, à l’écouter, elle ne chercherait pas particulièrement à se concentrer sur l’évènementiel et la culture. Selon elle, ses activités d’investisseur permettront de donner à la fondation GSF Jean-Louis Noisiez les moyens de sa politique philanthropique. Trévise a déjà financé la construction d’un centre d’accueil de jour de patients atteints d’alzheimer à Sophia-Antipolis ou d’un institut de cardiologie à Saint-Laurent-du-Var.

1 Début février, Trévise a racheté à l’investisseur belge Sofina 8 % du capital de GL Events, ainsi qu’une participation de 20 % dans Polygone, la holding qui détient 51,6 % de l’entreprise événementielle (et qui est elle-même contrôlée par Olivier Ginon et sa famille). Trévise dispose de deux sièges au conseil d’administration, tandis que le pacte d’actionnaires prévoit un engagement de conservation de sa participation pendant trois ans.