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Continuer la lectureIntermarché Logistique : un nouveau patron à la feuille de route bien chargée
Un nouveau président a pris la tête de la branche ITM-LAI alors qu’un vaste plan de transformation doit être finalisé. Il devra aussi gérer l’intégration de dernière minute des 180 magasins rachetés au groupe Casino.
Le poste est aussi discret que stratégique. Selon nos informations, Olivier Provost, adhérent Intermarché à Névez (Finistère), vient d’être propulsé à la tête d’Intermarché Logistique Alimentaire International (ITM LAI), en remplacement de Frédéric Gourgeon. À la différence du très médiatique Thierry...
Première mission du nouveau patron : mener à son terme le vaste « Plan de transformation logistique » que le distributeur a initié il y a déjà dix ans maintenant. Baptisé PTL, ce programme doit notamment permettre aux Mousquetaires de réduire le coût d’acheminement des commandes - il est aujourd’hui à 1,30 euro par colis, il doit tomber à 1 euro après 2025 - pour mieux contenir l’inflation en rayon et alimenter la guerre des prix engagée face à Lidl ou E.Leclerc. D’ici deux ans, Intermarché entend terminer sa révolution et passer d’une quarantaine de bases vieillissantes à une vingtaine de centres modernes (voir liste plus bas). « Nous avons commencé à mécaniser et automatiser nos entrepôts, explique une source interne. Cela réduit le besoin de main-d’œuvre, alors qu’il y a une pénurie d’emplois générale dans nos métiers, comme dans les magasins. »
Mais le chantier est considérable - l’automatisation d’un seul entrepôt coûte des dizaines de millions d’euros - et tarde à donner ses pleins résultats. Sur le plan de l’emploi tout d’abord. Certes, environ la moitié des 8 000 employés de la branche aurait quitté l’entreprise à la faveur des PSE et des fermetures de bases, mais beaucoup ont dû être remplacés. À croire les syndicats, les centres ne fonctionneraient pas aussi bien que prévu et exigeraient de nombreuses embauches de renfort. Selon nos informations, l’effectif de l’entité ITM LAI était encore de 7 960 personnes fin 2021, contre 7 760 en 2015.
Selon les élus du personnel, l’impact financier serait également contrasté. « Le but du plan de transformation était de baisser les coûts par colis, de mutualiser les flux, et de faire des économies. Ce n’est pas encore le cas » estime ainsi Frédéric Vitrey, délégué syndical central FO d’ITM LAI, pour qui l’opération n’est pas encore rentable à date. « Le groupement avait tablé sur un milliard d’euros à mettre sur la table pour tout réorganiser, reprend le syndicaliste Aujourd’hui, nous en sommes plutôt à 1,7 milliard, et la facture pourrait monter à 2 milliards d’ici la fin du plan selon l’analyse effectuée par notre cabinet d’expertise comptable ». La dernière tranche du PTL, dite PTL 6, reste encore à homologuer, et concerne notamment les dispositifs d’accompagnement des derniers salariés sur le départ. Ensuite, le programme sera, en théorie, bouclé.
Un rachat de dernière minute qui vient ajouter des volumes supplémentaires
Mais, à sa prise de poste, Olivier Provost a aussi hérité d’une sorte de « cadeau de bienvenue » inattendu : l’intégration express de près de 180 magasins qu’Intermarché a prévu de racheter au concurrent Casino. Cette opération, décidée très récemment alors que le groupe de Jean-Charles Naouri est au plus mal, aura un impact non négligeable sur les volumes à traiter en entrepôts. Car ces commerces supplémentaires représentent environ 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires additionnel, un surplus de près de 6 %, en se basant sur les ventes d’Intermarché et du discounter Netto en France (27,8 milliards d’euros en 2022). Sans reprise des centres logistiques de Casino, les volumes afférents vont devoir être gérés par les centres existants. « C’est complètement faisable, assure une source interne. Lors de la construction des nouvelles bases, des surcapacités ont été prévues en prévision de gains de part de marché. » Et Intermarché, à l’instar de ses concurrents, fait face à une baisse des volumes vendus en raison des hausses de prix, ce qui dégage un peu de marge de manœuvre pour le moment… « En outre, s’il faut louer un entrepôt de débord dans une région pour absorber un surplus temporaire, cela pourra être fait », assure ce bon connaisseur. De quoi faciliter (un peu) la tâche d’Olivier Provost.
La liste des entrepôts
Dans le cadre du PTL, dix bases mixtes (accueillant les activités frais, sec, et surgelés) ont été créées à Erbrée (35), Bourges (18), Saint-Quentin-Fallavier (38), Castets (40), Béziers (34), Brignoles (83), Neuillac (56), Avion (62), Montbartier (82), Luxemont/Pagny (51).
Cinq autres bases sont en cours de transformation à Dole du Jura (39), Angoulême (16), Donzère (26), Heudebouville (27), Paris Melun-Sénart (77).
Deux bases centrales ont été créées à Grand Fougeray (35) et Bressols (82), destinées aux produits à rotation lente. Trois autres sont prévues d’ici 2025 à Saint Hilaire (11), Ablaincourt (80) et Bollene (84), cette dernière evant être confiée à un prestataire. En complément, une base nationale est prévue à Mauchamps (91)