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Grande conso

Décoration : les chiffres de la déroute de Casa en France

Placée en redressement judiciaire début avril, l’enseigne en quête de repreneurs connaissait des difficultés redoublées depuis longtemps. Et a été emportée par la liquidation de la Belgique.

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JULIEN DE ROSA / AFP

Fin mars, Casa France réclamait son placement en redressement judiciaire. L’entreprise s’avouait contrainte d’engager cette démarche après la liquidation le 6 mars de Casa Belgique, « qui assurait la logistique du groupe ainsi que des services essentiels comme l’informatique de gestion et la finance,...

Les commissaires aux comptes de Casa France étaient au courant de l’aggravation des difficultés. En novembre 2024, ils avaient été prévenus, via une procédure d’alerte, que la filiale du groupe en charge de l’approvisionnement était dans l’incapacité de régler ses factures. Dès le 14 février, sentant l’édifice vaciller, Casa France avait pris les devants et bénéficié de l’ouverture d’une procédure de conciliation par le tribunal de commerce de Bobigny pour une durée de deux mois. Son but ? Explorer toutes les pistes de relance qu’il s’agisse de l’arrivée d’investisseurs ou d’une vente (partielle ou totale) de l’entreprise.

3 PGE accordés par l’État pour un montant de 20 millions d’euros

La liquidation de Casa Belgique, et en conséquence la suspension des approvisionnements dès le 6 mars, n’a pas facilité la tâche des équipes françaises, empêchant de récupérer certaines créances intragroupe, alors que les dettes sociales, fiscales et bancaires continuent de courir (Casa France a par exemple bénéficié de trois prêts garantis par l’État pour un total de 20 millions d’euros). À partir de ce moment, la branche tricolore a fait une croix sur les perspectives de redressement interne, ne disposant par ailleurs que de trois mois de stocks. Tout en faisant face à un état de cessation de paiements, c’est-à-dire que sa trésorerie disponible de 3,2 millions d’euros ne lui permettait pas de régler ses dettes immédiatement exigibles qui s’élevaient à 6,7 millions d’euros.

Face à la dégradation des comptes de Casa, les rênes de l’entreprise viennent d’être confiées à Paul-Henri Cecillon, président de Phinancia, un spécialiste du management de crise et du retournement d’entreprises. Ces dernières années, ce dernier a été appelé au chevet d’autres sociétés en difficulté comme BrandAlley, New Look ou Sinéquanone.

Le 2 avril, Casa France a été placé en période d’observation pour une durée de 6 mois, soit jusqu’au 2 octobre 2025, et la recherche de repreneurs se poursuit, la date limite de dépôt des offres étant fixée au lundi 28 avril. Contactée, l’entreprise nous a précisé que « plusieurs entreprises issues de différents secteurs de la distribution ont déjà manifesté leur intérêt pour les boutiques de Casa en France », sans faire plus de commentaires. La reprise de l’activité n’est pas envisagée, ces marques d’intérêts ciblant avant tout les emplacements des points de vente les plus intéressants, notamment dans Paris. Ce qui laisse entrevoir le même sort que celui réservé aux magasins belges ces dernières semaines. Pour liquider leurs stocks avant fermeture, ceux-ci avaient baissé leur prix de 50 %, bénéficiant, pour l’occasion, d’une affluence record.