L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureNouvelle levée de fonds XXL en vue pour un acteur français du photovoltaïque
Après Akuo, Valorem et Arkolia, un autre opérateur d’énergie renouvelable a mandaté la banque Nomura pour chercher plus de 200 millions d’euros.
Les grandes manoeuvres capitalistiques continuent dans les énergies renouvelables. Fin 2024, trois développeurs de centrales et producteurs d’électricité majeurs en France, Akuo, Valorem et Arkolia avaient choisi de s’allier à de grands investisseurs. Ardian a pris le contrôle du premier, tandis que le danois AIP a investi dans le deuxième et qu’un binôme BNP Paribas Asset Management-Mirova est devenu actionnaire du troisième. Le groupe coté Neoen, lui, vient de passer des mains de l’homme d’affaires Jacques Veyrat et de sa holding Impala à celles du géant canadien Brookfield, pour une valorisation proche des 6 milliards d’euros… Un engouement qui fait réfléchir des opérateurs de taille un peu plus modeste, à l’instar de Corsica Sole. Cet acteur corse de la filière photovoltaïque qui a fêté ses quinze ans en 2024 cherche activement des financements pour soutenir un développement tous azimuts non seulement dans la production d’énergie mais aussi dans le stockage, que ce soit en Corse, en France métropolitaine, en Outre-Mer, voire à l’étranger.
Selon nos informations, Corsica Sole s’est mis en quête d’investisseurs prêts à entrer à son capital, aux côtés de Mirova, qui était devenu actionnaire en 2021. Ce projet l’a amené à mandater la banque japonaise Nomura pour préparer un processus d’enchères. L’objectif poursuivi par l’entreprise serait en l’occurrence de faire rentrer au moins 200 millions d’euros d’argent frais. Le premier tour des discussions est actuellement en cours : le calendrier prévoirait que les prétendants remettent leurs offres indicatives pour la fin du mois de février.
Présent sur toute la chaîne de valeur, de la conception des sites à l’exploitation, Corsica Sole revendique aujourd’hui une puissance de 120 MW pour ses différentes installations photovoltaïques (centrales au sol, toîture de bâtiments agricoles, ombrières de parking…). Son développement, parti de Corse, l’a amené à multiplier les projets en Guyane, à la Réunion, en Martinique, en Guadeloupe mais aussi, plus récemment, en France métropolitaine. Corsica a mis en service des centrales dans le Jura, les Vosges, les Alpes-de-Haute-Provence, le Pas-de-Calais... La construction d’un site à Campet-et-Lamolère, dans les Landes, en 2024 a donné lieu à la signature d’un premier contrat de fourniture directe à une entreprise - un industriel de la sidérurgie. Des projets sont par exemple en cours à Pithiviers (Loiret) et à Cirey-sur-Vezouze (Meurthe-Et-Moselle), où Corsica Sole a choisi de s’implanter sur le site d’une ancienne verrerie.
Depuis 2015, Corsica Sole s’est développé aussi dans le stockage d’énergie, pour une puissance installée qui s’élevait en début d’année à plus de 160 MW. Cette activité lui a donné notamment l’occasion de participer dès 2023 à une joint-venture en Estonie avec un partenaire local (Evercon) et Mirova pour construire une centrale de stockage à batterie, dans le cadre de la déconnexion des pays baltes du réseau d’électricité russe. L’entreprise a aussi choisi à partir de 2022 de se lancer dans la production d’hydrogène vert (procédé via électrolyse alimenté par de l’électricité renouvelable).
Contactée, l’entreprise n’a pas donné suite aux sollicitations de l’Informé.