L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureAntargaz finalise la vente de ses activités gaz naturel et électricité
La filiale de l’américain UGI Corporation met un terme à sa diversification et se concentrera désormais sur le GPL.
L’an dernier, le géant américain UGI Corporation avait annoncé sa volonté de sortir du marché européen du gaz naturel et d’électricité. Le processus touche à sa fin. L’activité dédiée, regroupée dans la branche « Energy marketing », va être vendue en France comme elle l’a été au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Belgique. Abrité dans l’Hexagone au sein de sa filiale Antargaz, le business sera définitivement cédé à la compagnie suisse MET, dès que le processus d’information consultation des syndicats sera achevé, mi-septembre, avec l’avis final du CSE sur le volet social. En octobre, le portefeuille de clients tricolore passera sous la bannière de MET Energie France.
Le calendrier de vente était contraint pour le groupe américain. L’électricité fournie par Antargaz à ses clients provenait essentiellement du guichet Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique). Pour rappel, ce dispositif permet aux fournisseurs alternatifs de s’approvisionner auprès d’EDF à un tarif fixé par les pouvoirs publics. Or le transfert, d’un fournisseur d’énergie à un autre, des droits de disposer de tarifs Arenh ne peut s’effectuer qu’entre avril et octobre. La cession devait donc être impérativement signée en août pour que les délais soient tenus et que les conditions tarifaires puissent être récupérées par l’acquéreur.
Antargaz, une marque bien connue des Français
Dans l’escarcelle du groupe américain UGI Corporation depuis 2004, Antargaz reste solidement implantée dans l’imaginaire hexagonal. Créée en 1951 par la Sogal (Société des gaz liquides de pétrole), la marque prospère dans les années 60 avec le développement du stockage en citerne (ou “vrac”) et en bouteilles auprès des consommateurs non reliés au réseau gazier. Antargaz est ensuite repris en 1976 par ELF Aquitaine, prenant le nom d’Elf Antargaz. La fusion entre Elf et Total, en 2001, entraîne sa cession pour des raisons de concurrence à la filiale de BNP Paribas, PAI, laquelle en cèdera le capital au géant américain en 2004. Onze ans plus tard, UGI Corporation rachètera aussi TotalGaz, l’entité de distribution de GPL de Total en France, qu’il renommera Finagaz et rassemblera finalement sous la marque Antargaz en 2019.
Pour Antargaz (2,3 milliards de chiffre d’affaires en 2022), cet abandon des activités électricité et gaz naturel ne modifiera qu’à la marge les effectifs. Sur le millier de collaborateurs de l’entreprise dirigée par Anne de Bagneux, seuls une trentaine étaient affectés à cette entité. La société, qui s’était engagée dans cette diversification il y a environ cinq ans, reste désormais sur une seule activité : le GPL (gaz de pétrole liquéfié, comme le butane et le propane). Malgré une santé financière solide, l’avenir est cependant loin d’être écrit.
Outre-Atlantique, la maison mère UGI corporation vient ainsi de demander à Goldman Sachs et J.P. Morgan Securities de procéder à une évaluation de ses activités GPL, en vue « d’atténuer la volatilité de ses bénéfices et de renforcer son bilan ». Aucun calendrier n’a été donné sur la date de conclusion de cette revue stratégique, mais elle doit permettre d’optimiser « la structure des coûts de l’entreprise » et de « réaligner ses priorités en matière d’allocation de capital »…
Des interrogations pèsent aussi sur la filière française alors qu’une prochaine loi de programmation énergie climat (LPEC) doit bientôt fixer les objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et de la stratégie nationale bas-carbone (SNBC). Récemment nommée présidente de France Gaz Liquides (l’association professionnelle des entreprises du secteur), Anne de Bagneux sera en première ligne pour défendre les intérêts des fournisseurs de GPL, dans le collimateur des pouvoirs publics. En juin, dans le cadre d’une concertation sur la décarbonation des bâtiments, le gouvernement avait notamment évoqué la possibilité d’interdire toutes les nouvelles chaudières au gaz naturel et au GPL dans les nouvelles habitations, comme c’est le cas pour les chaudières au fuel.