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Finance - Conseil

Mittal, Dumas, Pouyanné… les patrons dont le salaire a le plus augmenté

Si les dirigeants du CAC 40 ont vu leur rémunération moyenne baisser de 9 % en 2022, ceux d’ArcelorMittal, d’Hermès et de TotalEnergies ont bénéficié d’une hausse spectaculaire de leurs gains. Troisième volet de notre enquête sur les salaires des patrons.

Aditya Mittal (Arcelor Mittal)
Aditya Mittal (Arcelor Mittal) AFP

Les salaires et gains des patrons du CAC 40 n’étaient pas tous indexés sur l’inflation en 2022… loin de là ! Selon les estimations de l’Informé, ces dirigeants ont empoché 9,5 % de moins en moyenne en un an, si on prend en compte les rémunérations fixes et variables, accordées en cash ou sous une aut...

Évidemment, en 2022, tous les patrons sont loin d’avoir été logés à la même enseigne : l’évolution moyenne cache de fortes disparités. Aditya Mittal (ArcelorMittal) est celui qui a vu ses émoluments progresser le plus, de 33 %, pour atteindre 6,5 millions d’euros selon nos estimations. Son père, le magnat de l’acier Lakshmi Mittal, lui avait transmis la fonction de CEO en février 2021, sachant qu’il officiait jusqu’alors comme directeur financier Europe : 2022 a donc été sa première année pleine dans son nouveau costume. L’évolution sur un an s’explique largement par un bonus en cash qui a décollé de 50 % - en dépit de la chute de 30 % du bénéfice net d’ArcelorMittal.

Axel Dumas, le gérant d’Hermès, est le deuxième grand gagnant de l’année. Sa rémunération, que l’Informé évalue à 5,4 millions d’euros, a bondi de 26 %. Et encore, la maison de luxe explique dans son rapport annuel que le dirigeant a renoncé à une partie de la hausse de son salaire fixe qui était pourtant prévue « en application de la politique de rémunération des gérants » : l’augmentation s’est limitée à 10 % quand elle devait s’élever à 40 %. Ce renoncement a toutefois été compensé par une rémunération variable en hausse de 35 %. Sans compter que le dividende d’Hermès a explosé de 63 % : Axel Dumas et les autres membres des branches de la famille, se sont partagé 915 millions d’euros au titre les 66 % qu’ils détiennent dans le groupe.

Au total, onze dirigeants ont bénéficié d’une augmentation à deux chiffres. Sans trop de surprise, on retrouve dans les grands gagnants Patrick Pouyanné (+ 23 % ; 7,3 millions d’euros), le patron de TotalEnergies - dont les bénéfices ont été plus que stimulés par la hausse des cours de l’or noir. Outre Hermès, les groupes de luxe et de cosmétiques sont en bonne place. Chez L’Oréal, Nicolas Hieronimus a vu ses émoluments progresser de 19 % (10,3 millions d’euros) même si, là aussi, sa nomination comme DG n’a été effective qu’en avril 2021, lui qui était auparavant directeur général adjoint en charge des divisions du groupe. Pour François-Henri Pinault (Kering), la hausse s’est chiffrée à 16 % (6,5 millions d’euros). À noter : la modération de Bernard Arnault (LVMH) dont la rémunération est restée inchangée (7,9 millions d’euros)… Mais ce n’est qu’un détail à côté des 2,9 milliards d’euros de dividendes qu’il a empochés avec sa famille pour 2022.

La plupart de ces dirigeants les mieux lotis évoluent dans des secteurs industriels, à l’exception notable de Jean-Marie Tritant chez Unibail-Rodamco-Westfield  (+16 % ; 3,5 millions d’euros) et Jean-Laurent Bonnafé chez BNP Paribas (+12 % ; 4,6 millions d’euros). Le spécialiste des centres commerciaux a renoué avec les bénéfices après avoir souffert des conséquences du Covid. La banque a enregistré un résultat record grâce à la hausse des taux.

Carlos Tavares lanterne rouge

À l’opposé du spectre, douze dirigeants exécutifs ont vu leur gratification s’éroder. Carlos Tavares chez Stellantis (-53 % pour une estimation de 19,5 millions d’euros) et Bernard Charlès chez Dassault Systèmes (-25 % ; 32 millions d’euros) affichent les deux plus fortes baisses. Il est vrai qu’ils partaient de très haut. Ces évolutions sont liées, pour l’un comme pour l’autre, à la chute des montants perçus au titre de plan de rémunération variable à long terme. Pour le dirigeant du géant automobile, elle a atteint 68 % en se basant sur la juste valeur à la date d’attribution des actions qui lui ont été accordées. Pour Bernard Charlès, la valorisation des actions gratuites héritées pour 2022 (pour un montant de 29,8 millions d’euros) était 26 % inférieure à celles des titres remis un an plus tôt.

Méthodologie

Nous avons pris en compte les rémunérations attribuées (et non versées) en 2022. Elles incluent donc les bonus liés à l'exercice 2022 mais versés en 2023. Elles incluent pareillement les attributions d'actions ou d'options décidées en 2022 mais qui deviendront disponibles ultérieurement.  Les dispositifs de retraite (chapeau et autres) n'ont pas été prises en compte.