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Finance - Conseil

Le fonds ICG bien placé pour investir dans le champion du numérique Astek

Si le groupe d’ingénierie cherche un investisseur prêt à devenir actionnaire minoritaire, les discussions semblent se décanter au profit du financier britannique.

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NVB Stocker - stock.adobe.com

Astek va-t-elle bientôt faire affaire avec un fonds d’investissement, elle qui cherche un partenaire pour atteindre le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2027 ? Encore contrôlée par son fondateur Jean-Luc Bernard, l’entreprise d’ingénierie et de conseil en transformation numérique s’était lanc...

Un autre investisseur était encore récemment autour de la table, Mubadala Capital - filiale du fonds souverain d’Abu Dhabi du même nom, qui gère des véhicules de private equity pour le compte d’investisseurs tiers. Mais ce financier a quitté les négociations, animées par la banque d’affaires Natixis Partners, le conseil d’Astek. Le dossier est aussi passé un peu plus tôt entre les mains du fonds français Adagia Partners, du britannique Inflexion Partners ou de 65 Equity Partners, un gérant affilié au fonds souverain singapourien Temasek.

A priori, la valeur d’entreprise d’Astek dépasserait la barre des 600 millions d’euros, ce qui correspond au chiffre d’affaires actuel de la société. Selon certaines sources, son Ebitda s’élèverait à 58 millions en tenant compte de ses dernières acquisitions - celle du du conseil en ingénierie Riversen, spécialiste de la construction, des infrastructures et de l’énergie, vient tout juste d’être officialisée. La recomposition du capital doit s’accompagner d’une extension du financement obligataire actuel de l’entreprise (de type « unitranche ») : son créancier historique, le fonds de dette privée HIG Whitehorse, pourrait être rejoint par d’autres prêteurs.

Très présente dans l’automobile, l’énergie, les transports, le spatial ou encore la banque-assurance, Astek aide les entreprises à se servir du numérique pour une multitude de tâches : maintenance, gestion logistique, collecte de données, sécurisation des réseaux, etc. On trouve parmi ses clients Orange, Valeo, Alstom ou encore la SNCF. Son fondateur Jean-Luc Bernard a quitté ses fonctions opérationnelles depuis longtemps, laissant : la conduite de la société à Julien Gavaldon, devenu PDG en 2014 après avoir fait ses classes chez les concurrents Akka Technologies et Alten. Très friande d’acquisitions, Astek s’était même portée candidate (en vain) sur le dossier Atos, en se disant prête début 2023 à reprendre à une partie des activités de la star déchue du numérique en France, aujourd’hui au bord de la restructuration financière.

Les entreprises positionnées à la fois sur l’ingénierie et le conseil en transformation numérique conservent une belle cote de popularité auprès des fonds. Wendel n’avait pas hésité à faire le forcing mi-2023 pour prendre le contrôle de Scalian, un autre acteur de la filière, pour un peu moins d’un milliard d’euros. Il faut dire que ces sociétés de conseil profitent à plein de la volonté des grands groupes d’externaliser de plus en plus leur R&D et les métiers adjacents : dans le milieu, les taux de croissance organique à deux chiffres sont courants, Astek revendiquant par exemple une moyenne annuelle de près de 20 % ces dernières années. « Mais un certain nombre d’entreprises ayant recours à des sociétés de conseil réfléchissent maintenant à deux fois avant de lancer leurs projets, commente un associé d’un fonds qui suit de près le secteur. Dans l’ensemble, la croissance organique des prestataires a plutôt tendance à ralentir, les clients ayant tendance en ce moment à décaler leurs décisions d’investir. » Le secteur de l’ingénierie a par ailleurs la réputation de composer avec un fort turnover dans ses effectifs. Un phénomène qui n’épargnerait pas Astek, alors qu’il revendique aujourd’hui 8 000 salariés et projette d’en rassembler 14 000 en 2027.

Contactée par l’Informé, l’entreprise n’a pas souhaité faire de commentaire.