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Continuer la lectureLa villa tropézienne d’Alain Duménil au cœur d’une nouvelle affaire
Le millionnaire franco-suisse estimait qu’il ne devait pas payer d’impôts sur une villa à 10 millions d’euros, qu’il contrôle via une société luxembourgeoise. Le Conseil d’État n’a pas été du même avis.
Du haut de ses 74 ans, Alain Duménil est un habitué des tribunaux. Ancien propriétaire du journal suisse l’Agefi, des marques de luxe Poiray, Jean-Louis Scherrer ou encore Smalto, l’homme d’affaires a fait fortune en reprenant la société de courtage de son père avant de construire un groupe d’immobilier de luxe, Acanthe Développement. Non sans accrocs. Le millionnaire a déjà croisé le fer avec le fisc suisse et même les services de renseignement français de la DGSE, qui ont perdu beaucoup d’argent en investissant à ses côtés (nous y reviendrons). Depuis 4 ans, l’entrepreneur se bat avec une autre administration tricolore. Selon nos informations, le businessman tente d’échapper à environ 124 500 euros d’impôts et de pénalités que Bercy réclame à une société luxembourgeoise qu’il contrôle : Cadanor.
Le problème concerne une bien jolie bicoque d’environ 340 mètres carrés installée à Saint-Tropez, d’une valeur de 10,2 millions d’euros selon l’administration publique. À écouter la structure luxembourgeoise, propriétaire officielle des lieux, cette villa est restée inusitée entre 2013 et 2015… Mais le fisc n’est pas de cet avis : selon lui, la maison a été habitée par ses actionnaires (en l’occurence l’homme d’affaires et ses proches) et ce « sans contrepartie ». La preuve ? Des factures d’eau et d’électricité « pour un montant annuel supérieur à 7 000 euros » sur cette période ont été trouvées.
Or une société propriétaire ne peut pas prêter un bien à ses actionnaires aussi simplement. Si elle renonce à exiger un loyer, elle doit quand même être imposée sur le montant potentiel des revenus locatifs qu’elle aurait pu en tirer… Et le fisc les a estimés à environ 250 000 euros par an. Fin décembre, le Conseil d’État lui a donné raison sur le fond mais il a renvoyé le dossier devant la cour d’appel pour valider le montant final que devra verser Cadanor, dont Alain Duménil est administrateur.
C’est aussi cette société qui, ces dernières années, s’est trouvée au cœur d’un imbroglio avec la DGSE. À partir de 2022, les services de renseignement ont en effet investi des fonds dans un groupe de marques de luxe aux côtés d’Alain Duménil…. Et le placement s’est vite avéré malheureux. Le financier a vendu une partie des actifs à d’autres sociétés dont il était actionnaire majoritaire, dont Cadanor : en un an, les structures créées avec la DGSE sont devenues des coquilles vides en faillite, et les espions ont perdu une grande partie de leur mise. Or la justice ne leur a pas permis pas d’être remboursés. L’affaire s’est envenimée. En 2016, des agents de la DGSE ont intercepté et menacé Alain Duménil à l’aéroport de Roissy. L’homme d’affaires a riposté : il a porté plainte pour tentative d’extorsion, provoquant la mise en examen de l’ex-patron de la DGSE Bernard Bajolet en octobre 2022.
Contactés, le fisc et les avocats de Cadanor n’ont pas souhaité nous répondre.