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Continuer la lectureL’agence de com’ Image 7 recrute le procureur star Jacques Dallest
L’ancien magistrat étoffera le pôle communication judiciaire de l’agence d’Anne Méaux.
Jolie prise pour Image 7. L’agence de communication d’Anne Méaux s’apprête à accueillir dans ses rangs un ancien magistrat célèbre : Jacques Dallest, ex-procureur général à Grenoble, arrive ce mois-ci comme senior advisor au sein du pôle communication judiciaire de la société. L’équipe était jusqu’ici structurée autour des deux associés, Thibault Leclerc et Anne Salomon.
En 40 ans de carrière dans la magistrature, ce Haut-Savoyard a successivement été juge d’instruction à Rodez puis Lyon, procureur de la République, avocat général, et enfin procureur général avant de prendre sa retraite en 2022. Le temps de traiter une kyrielle de dossiers emblématiques, de l’affaire des paillotes corses au procès de Nordahl Lelandais. « J’ai fait toute ma carrière au service public de la justice, je me mets maintenant au service du justiciable », explique Jacques Dallest, avec déjà un certain sens de la communication.
Si, l’an dernier, le magistrat avait tenté une première incursion dans le conseil en créant sa structure personnelle, il aura chez Image 7 l’occasion de dispenser ses recommandations à plus grande échelle auprès des clients de l’agence. Ces derniers mois, le pôle communication judiciaire a géré quelques dossiers phares, comme l’accompagnement de la banque suisse UBS lors de son procès en appel pour démarchage bancaire illicite et blanchiment de fraude fiscale aggravé fin 2021. Il s’est également occupé de Carlos Ghosn, l’ex-patron de Renault enfui du Japon où il était poursuivi par la justice…
Jacques Dallest, qui a aussi enseigné la communication judiciaire à l’École nationale de la magistrature (ENM) en tant que doyen des enseignements, espère clarifier dans ses nouvelles fonctions l’organisation d’une institution « méconnue, complexe, qui évolue en permanence et dont les temps sont longs et incertains ». « Il ne s’agit pas de se substituer aux avocats et aux conseils juridiques, mais de sensibiliser entreprises et patrons au risque pénal, gage le magistrat honoraire. Il s’agit aussi de les aider à établir quand et comment s’expliquer vis-à-vis de l’institution judiciaire et de la presse. » Intégrer le privé n’effraie pas l’intéressé, qui rappelle bien connaître les entreprises pour en avoir poursuivi « un certain nombre afin de faire appliquer les lois de la République ». Côté déontologie, il promet de ne pas intervenir « dans les dossiers sur lesquels [il aurait] pu travailler auparavant ».
Avant lui, d’autres magistrats sont d’ailleurs passés de l’autre côté de la barrière. L’ancien procureur d’Évry Laurent Davenas a ainsi travaillé au sein du cabinet RLD Partners, créé par Christophe Reille, où il avait dispensé ses conseils en matière de « communication sous contrainte judiciaire ». Autre cas, celui de Guillaume Didier. Ce juge d’instruction, qui a ensuite occupé plusieurs postes de communicant au sein du ministère de la justice, a intégré il y a dix ans l’agence Vae Solis. Il est aujourd’hui chez DGM Conseil (groupe Avisa Partners).