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Finance - Conseil

L’agence de com’ Brief va survivre grâce à Caribara

Placée en liquidation en novembre dernier, la petite boutique de communication vient de voir sa clientèle (Inserm, Institut Pasteur…) reprise par une autre agence parisienne.

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Brief / Caribara

Est-ce la fin des difficultés pour Brief ? Créée en 1990, la petite agence de com’ basée à Paris a travaillé au fil des ans pour de grands noms comme Air France, Maje, l’Inserm ou encore l’Institut Pasteur. La boutique leur proposait plusieurs types de prestations : du conseil en communication, de l’édition, du community management, de l’e-reputation… Mais malgré ce joli tableau de chasse, l’entreprise s’est retrouvée placée en liquidation en novembre dernier, acculée par des difficultés financières, deux ans seulement après un premier redressement judiciaire.

Moins de quatre mois plus tard, selon nos informations, une formule vient d’être trouvée pour sortir Brief de cette situation délicate. L’agence de communication Caribara a racheté sa clientèle et continuera à faire vivre la marque. Cette maison concurrente, habituée à travailler pour la RATP, EDF ou encore la Société Générale, fait partie d’un groupe éponyme plus large, codirigé par Fabien Baboz, Philippe Gérardin et Régis Vidal, également composé de studios d’animation et d’une société de production. « Cette agence logeait déjà dans nos locaux, cela a rapproché les deux entités », explique ainsi Denis Allard, président de Brief.

Ce dernier et son associé, Thibault Wacrenier, continueront à collaborer avec Brief pendant une durée d’au moins trois ans, dans le cadre d’un contrat de prestation. Côté salariés, « trois d’entre eux ont été intégrés à Caribara, et des missions en free-lance seront proposées à quatre autres », indique Denis Allard à l’Informé. Les deux dirigeants sont aussi pris par le lancement d’une nouvelle entreprise nommée Spiraltis. Créée fin février dernier, la structure servira notamment aux associés à développer leur concept Food’n’Feed, qui propose à des restaurants des solutions pour encadrer leur image de marque. « Nous gérons déjà des enseignes comme La Rotonde, Le Diplomate ou encore Le Dôme », précise Denis Allard. Ici encore, les patrons entendent proposer à d’anciens collaborateurs de Brief de travailler avec eux.

Les choses auraient pu bien plus mal se terminer pour Brief. L’agence s’est en effet retrouvée dans une situation très délicate, avec un lourd passif de près de 2,9 millions d’euros, selon le jugement du tribunal de commerce consulté par l’Informé. Un chiffre non définitif, précise Denis Allard : « C’est un montant que nous déterminerons avec le liquidateur. Il sera probablement inférieur. » Pour justifier de telles difficultés, l’entrepreneur explique avoir été « lâché par les banques ». « Les entreprises ont aussi eu tendance à négocier de plus en plus nos prix, ce qui réduisait nos gains, complète le patron. Il faut ajouter à cela la modification de notre modèle économique : si nous gagnons auparavant beaucoup d’argent grâce à l’édition et notamment la production de rapports annuels papier, le passage au tout numérique a changé la donne. » Au fil des ans, la perte de certains clients emblématiques et rémunérateurs comme les Laboratoire Servier ou le groupe Lagardère n’a fait que dégrader davantage la santé financière de l’agence.

Deux acteurs s’étaient finalement positionnés pour reprendre Brief : l’un de ses clients, Capitello Group, dirigé par Arnaud Molinié, et Caribara. Lors d’une audience devant le tribunal de commerce, les deux entités ont proposé le même prix d’achat de Brief : un euro. L’offre n’a pas convaincu le juge, qui a prononcé le 14 février dernier un rejet total des plans de cessions présentés par les deux entreprises. L’administrateur judiciaire s’était en effet dit « très défavorable aux deux offres », qui visaient « uniquement la reprise des contrats clients pour une valeur plus que symbolique ». Suite à cette décision, Caribara a donc reformulé une offre spontanée, finalement acceptée.