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Continuer la lectureBlackrock confie la direction de son activité de dette privée en France à un binôme
Le géant américain de la gestion d’actifs a recruté un financier du fonds suisse LGT pour co-piloter cette activité, après le départ de son responsable vers le concurrent Blackstone.
Le mercato se poursuit chez les acteurs de la dette privée. Sur ce métier en plein essor, dans lequel des fonds se substituent aux banques pour prêter à des entreprises ou à d’autres fonds, les transferts se multiplient depuis quelques mois. Dernier exemple en date ? Selon nos informations, Blackrock remanie la direction de son équipe en France en accueillant Guillaume Claire, qui évoluait jusqu’à présent chez LGT, une société d’investissement historiquement liée à la famille princière du Liechtenstein (et dont le QG est basé à Zürich). L’intéressé va former un tandem de tête avec un financier qui évoluait déjà dans l’équipe, Carl Marin. Cette double nomination pallie le départ, l’été dernier, du responsable de l’activité vers Blackstone, Florent Trichet.
Ancien d’HEC, Guillaume Claire a d’abord fait ses gammes chez JP Morgan, avant d’intégrer en 2012 European Capital, un grand spécialiste de la dette privée très présent sur le marché français du LBO. Cette structure a elle-même été rachetée en 2017 par LGT, alors désireux de se développer dans la classe d’actifs, lui qui était surtout présent dans le private equity. C’est ainsi que Guillaume Claire a été amené à arborer les couleurs de cette maison.
A la tête de 8000 milliards de dollars d’actifs, BlackRock emploie 200 personnes en France, où ses activités sont dirigées depuis mai 2022 par Estelles Castres (également responsable de la Belgique et du Luxembourg). Le financier américain aime rappeler avoir investi près de 200 milliards de dollars toutes classes d’actifs confondues sur le sol tricolore… L’argument n’a pas empêché cet acteur finalement assez peu connu du grand public dans l’Hexagone d’avoir été au centre d’une polémique il y a trois ans, en raison de sa supposée influence sur la réforme des retraites et de l’instauration d’un système par capitalisation, qui lui avait été reprochée. S’il disposait fin 2020 de l’équivalent de 2,4 % du CAC 40 selon un pointage d’Euronext, l’investisseur est moins présent en France dans les actifs non côtés. Dans la dette privée, par exemple, sa décision de localiser une équipe à Paris ne remonte qu’à 2018. Et son activité reste moins développée que celle de Tikehau, ICG, Ares, Barings, ou encore Eurazeo, dominants sur le marché tricolore.
Morgan Stanley, Pictet…
Le recrutement bouclé par Blackrock s’ajoute à une longue série de mouvements dans le secteur. Alors que les gestionnaires d’actifs et les structures d’investissement trouvent moins de financements bancaires dans cette période économique incertaine, ils cherchent des alternatives pour financer de nouveaux rachats d’entreprise et misent de plus en plus sur la dette privée. Rien d’étonnant donc, à ce que la concurrence s’intensifie pour recruter les meilleurs profils dans le domaine. Morgan Stanley, par exemple, a accueilli dans ses rangs plusieurs professionnels de la classe d’actifs, dont le responsable de l’équipe française de CVC Credit, Hamza Filali. Pour piloter son équipe dédiée à l’Hexagone, Pictet Asset Management a fait appel à Axel Cordonnier, l’un des membres du bureau de Paris du géant américain de la dette privée Ares.