L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureArdian : les dessous du départ du bras droit de Dominique Senequier
Après avoir écarté brutalement plusieurs associés, le chief operating officer de la société de capital-investissement, Jérémie Delecourt, vient lui-même de faire ses cartons.
Fin septembre, l’ex-Axa Private Equity fêtait en fanfare les dix ans de sa prise d’indépendance en conviant tout le gratin de l’industrie du non coté sous les ors du Palais Garnier. Mais entre petits fours et coupes de champagne, un sujet bien plus brûlant que l’anniversaire de la firme animait les d...
Grand absent du trombinoscope : le Chief operating officer (COO) Jérémie Delecourt. Considéré par tous comme le bras droit de Dominique Senequier, pour laquelle il officiait depuis quasi vingt ans, il a discrètement fait ses valises le 22 septembre, comme l’a dévoilé le site Opérations financières. Avant son départ, une « redéfinition de son périmètre de responsabilité » était évoquée par la firme aux 156 milliards de dollars d’actifs sous gestion. Depuis, un porte-parole nous a précisé que Jérémie Delecourt avait « démissionné » pour suivre des projets personnels. Amoureux du patrimoine (et heureux propriétaire du Domaine du Grand Daubeuf, en Seine Maritime), Jérémie Delecourt irait donc « travailler autour de l’agriculture raisonnée », à en croire certains. Une reconversion soudaine.
En juillet dernier, l’ancien COO représentait encore en effet la société de gestion aux rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Événement au sein duquel il a été interviewé par nos confrères de La Tribune. Ne disposant d’aucune responsabilité d’investissement, il chapeautait en revanche la communication, le business development, les relations avec les investisseurs institutionnels en France (dont Axa) et les ressources humaines. Non sans accroc. Il a organisé le licenciement de plusieurs associés, en les accompagnant parfois d’accusations de harcèlements moral ou sexuel. La dernière éviction a son actif s’est particulièrement mal passée. Elle portait sur l’ancien responsable du financement buy-out Daniel Setton, à qui il était reproché sa dureté avec le personnel de la firme et un cruel manque de transactions. De fait, l’homme n’est pas connu pour avoir sa langue dans sa poche et était devenu persona non grata. « En juin, il a tenté d’accéder à l’assemblée générale ordinaire accompagné d’un huissier de justice, pour que ce dernier constate qu’il était physiquement empêché d’y accéder », relatent deux sources. Une entrave au droit de tout actionnaire, que Setton a ensuite menacé de contester au pénal.
Delecourt est-il allé trop loin ? « Il n’était déjà plus en odeur de sainteté chez Dominique Senequier, mais cette affaire a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », estiment des proches du dossier. L’ensemble des tâches qui lui incombaient ont été réparties entre les nouveaux directeurs généraux et le nouveau conseiller de la présidente. Contacté à de multiples reprises, Jérémie Delecourt n’a pas souhaité nous répondre. Quant à Daniel Setton, il n’a fait aucun commentaire sur l’affaire. Depuis son départ en début d’année, l’homme d’affaires à la réputation houleuse a rejoint sa structure familiale, pour laquelle il vient de racheter sans bruit l’enseigne de décoration et de meuble Le Cèdre Rouge, a appris l’Informé.