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Continuer la lectureValérie Pécresse veut attirer l’Office européen de l’intelligence artificielle en Île-de-France
Ce nouvel organisme doit contrôler dès 2025 l’application dans les 27 Etats membres de l’IA Act adopté à Strasbourg. À la clé, une centaine d’emplois d’experts.
Ce sera, à coup sûr, l’un des organismes de régulation les plus stratégiques du Vieux Continent. Prévu d’ici 2025, le tout nouvel Office européen de l’intelligence artificielle (IA) doit réunir sous un même toit une centaine d’experts pour encadrer cette révolution technologique. Reste à savoir où. Alors que son point de chute n’a pas encore été défini, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, compte bien attirer sur ses terres la nouvelle structure. « Nous allons faire acte de candidature, confie à l’Informé l’élue LR. Nous disposons de plusieurs lieux pour l’accueillir mais nous ne savons pas encore face à qui nous allons concourir. » Une démarche forcément menée en coordination avec Paris et le gouvernement. Pour l’heure aucun agenda n’a été communiqué sur les dépôts de dossier. Cet Office, premier du genre à voir le jour dans le monde, devra contrôler l’application de la nouvelle loi dans toute l’Europe, l’IA Act, adoptée par les 27 États membres début février.
Ce texte cherche à classer la dangerosité de cette technologie et son usage selon quatre niveaux. Il établit un premier palier de risque minimal ou absent (filtres anti spam, jeux vidéo…), suivi d’un niveau limité (chatbots…) puis d’un risque élevé (dans la sécurité, les dispositifs médicaux, le recrutement….) jusqu’au dernier stade qualifié d’inacceptable (notation sociale selon le comportement des citoyens…). L’Office européen devra développer des outils et des critères pour évaluer les diverses offres du marché et les classer selon leurs risques, le tout avec le soutien d’experts et des Etats membres. Elle pourra donc « effectuer des évaluations des modèles d’IA à usage général, demander des informations et des mesures aux fournisseurs de modèles et appliquer des sanctions », explique la Commission européenne sur son site. Une entreprise qui ne respecterait pas les règles pourra se voir réclamer une amende allant jusqu’à 7 % de son chiffre d’affaires, plafonnée à 35 millions d’euros.
En lien avec l’initiative GenAI4EU destinée à promouvoir l’IA générative dans l’industrie, cet office doit aussi se pencher sur le développement de nouveaux cas d’usage et applications au sein de 14 domaines dont le secteur public mais aussi la santé, l’aérospatial, la cybersécurité, la robotique, la mobilité…
Pour assurer ces missions, une vingtaine de personnes devraient être transférées de la Commission selon Euronews et 80 recrutements supplémentaires sont prévus. Le lieu d’implantation aura nécessairement une incidence sur le flux des candidatures. De ce point de vue, l’Île-de-France est une région attractive et peut s’appuyer sur un écosystème reconnu dans le domaine de l’intelligence artificielle avec le laboratoire FAIR de Meta (maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp) et le centre de Google doté de 300 ingénieurs et chercheurs inauguré par le PDG du groupe, Sundar Pichai, à la mi-février. Qui plus est, la France est également connue pour ses start-up Mistral IA, Giskard ou encore Hugging Face. Elle peut également s’appuyer sur ses universités et ses chercheurs, installés à Saclay ou sur le futur Campus IA Paul Valéry en cours de travaux. « La région a mobilisé 85,7 millions d’euros pour la rénovation de cet établissement situé dans le 12e arrondissement de Paris », indique un porte-parole. Inauguré à la rentrée 2027, le lieu proposera un bac en sciences informatiques et numériques avec spécialité IA, un BTS, une licence aux métiers de l’IA et des formations continues.
Depuis le Brexit, la région a récupéré en 2019 l’Autorité bancaire européenne auparavant installée à Londres mais elle a raté l’Agence européenne du médicament partie, elle, à Amsterdam. Dernièrement, elle n’a pas non plus été retenue pour accueillir la nouvelle Autorité européenne de lutte contre le blanchiment d’argent, l’AMLA, envoyée à Francfort. Avec l’Office européen de l’intelligence artificielle, peut-être tient-elle sa revanche.