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Continuer la lectureDoctrine, la belle affaire de Pierre-Édouard Stérin
Le fonds d’investissement du milliardaire a réalisé une jolie plus-value en cédant sa participation dans la legaltech, qu’il avait accompagnée depuis ses débuts.
Il y a quelques mois sur LinkedIn, François Durvye, patron d’Otium Capital, se félicitait de la riche actualité du fonds créé par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin. Investissements multiples, recrutements en série… Le dirigeant égrenait ses motifs de satisfaction et glissait, au passage, un chiff...
Frustrant, François Durvye ne donnait toutefois pas le détail. Mais l’Informé en sait désormais plus. À elle seule, la vente de la legaltech Doctrine a rapporté 20,7 millions d’euros au fonds. Otium a été l’un des tout premiers investisseurs de ce moteur de recherche juridique très utile dans le monde du droit et de l’entreprise, en 2016 : à l’époque, un chèque de 1,5 million d’euros lui a permis d’acquérir 19 % du capital. En 2018, lors d’un deuxième tour de table mené avec Kima Ventures de Xavier Niel (actionnaire à titre individuel de l’Informé), la structure a remis près de 3 millions d’euros au pot, grimpant à 22 %. Bien lui en a pris : l’an dernier, Otium a pu revendre sa participation cinq fois plus cher qu’il ne l’avait achetée.
En 2023, le fonds a également cédé les 30 % qu’il détenait dans la marque de cosmétiques Même, destinée aux personnes confrontées aux effets indésirables des traitements contre le cancer. Montant récupéré ? 7 millions d’euros. C’est le groupe Pierre Fabre qui a racheté la totalité du capital auprès des cofondatrices et d’Otium. Un an plus tôt, ce sont les 22 % détenus dans le vendeur de matelas en ligne Tediber qui étaient cédés pour 9,3 millions.
Bien sûr, ces opérations ne sont que quelques-uns des mouvements d’un portefeuille en constante évolution. Présenté comme une holding d’investissement de long terme, Otium revendique 1,5 milliard d’actifs sous gestion répartis sur plus de cent participations dans la tech, l’industrie du loisir, la santé, l’hôtellerie et l’immobilier. On retrouve la structure au capital de Smartbox (le groupe de coffrets cadeaux fondé par Pierre-Édouard Stérin), des licornes françaises PayFit et Owkin, des restaurants La Pataterie ou encore de la marque de nutrition Feed.
Une partie des profits générés par l’activité de capital investissement vient alimenter les caisses du Fonds du Bien Commun. Ce fonds de dotation a été créé par Pierre-Édouard Stérin, qui ne cache pas sa foi catholique, afin de soutenir des œuvres caritatives. Le milliardaire, exilé fiscal en Belgique, qui a déshérité ses cinq enfants pour consacrer sa fortune à ses actions et ses idées, a aussi initié le projet Périclès. En juillet dernier, le journal l’Humanité dévoilait ce programme très abouti. Destiné à promouvoir des valeurs culturelles conservatrices et à former des élites, il pourrait bénéficier de 150 millions d’euros de financement sur dix ans. Objectif : faire gagner les droites aux élections.
Contacté, Otium n’avait pas répondu à l’heure de notre publication.