L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureLe fonds EMZ s’invite dans les cliniques vétérinaires Fovea
Sur le long terme, le financier aurait prévu d’apporter jusqu’à plus de 100 millions d’euros à cet ensemble. Des réseaux de plus grande taille espèrent eux aussi bientôt lever des fonds sur ce marché en pleine recomposition.
Les fonds n’en finissent plus de miser sur les soins aux animaux. Selon nos informations, EMZ Partners est sur le point d’investir dans les cliniques vétérinaires Fovea, un groupe né du rapprochement de deux réseaux, le bordelais Vet Partenaires et le tourangeau Ligerys. La société financière apportera environ 20 millions d’euros dans un premier temps, et s’est engagée à mobiliser des moyens beaucoup plus importants à terme, au gré des besoins de l’entreprise : le chèque total pourrait dépasser 100 millions d’euros, glisse une source. EMZ n’en est pas à son premier dossier dans la santé, loin de là. Le fonds a contribué à la montée en puissance de Biogroup, l’un des géants du diagnostic médical en France aux côtés de Cerba et Eurofins.
Conseillé par la banque d’affaires Clearwater International dans cette levée de fonds, Fovea veut se donner les moyens de financer son expansion sur le territoire français, alors qu’il dispose aujourd’hui d’une vingtaine de cliniques vétérinaires en Nouvelle-Aquitaine ou en Centre Val de Loire. Dirigé par Olivier Reineau, un médecin vétérinaire, et Pierre Colasson, un ancien investisseur de l’équipe parisienne du fonds britannique Bridgepoint, le groupe va tenter de se bâtir une position de choix dans un marché des soins vétérinaires en pleine recomposition. Fin 2022, près de 20 % des 4 200 établissements français étaient entre les mains de groupes significatifs (détenant au moins 10 établissements). Mais quelques poids lourds émergent et multiplient les rachats de centres indépendants, profitant parfois du départ à la retraite des vétérinaires associés. Beaucoup se sont d’ores et déjà tournés vers des fonds, comme Sevetys et Univet, deux acteurs français accompagnés respectivement par Eurazeo et Infravia, ainsi que le britannique IVC Evidensia, contrôlé par Silver Lake et EQT (mais aussi Nestlé). Ce concurrent anglo-saxon n’a pas hésité à débourser plus de 200 millions d’euros pour s’offrir la chaîne française VetOne fin 2021.
Du nouveau pour Mon Véto et Argos ?
Les lignes pourraient aussi bouger pour d’autres chaînes dans les prochains mois. C’est le cas d’Argos, à la tête d’une centaine d’établissements : son actionnaire financier, le fonds G-Square, a amorcé fin 2022 des réflexions en vue de la sortie du capital comme L’Informé l’avait révélé. Après de premières discussions infructueuses, le financier aurait décidé de changer son fusil d’épaule : il serait désormais question pour le réseau de procéder à une augmentation de capital de l’ordre de 100 millions d’euros. Les enchères seront relancées dans quelques semaines.
Selon nos informations, un autre poids lourd du secteur, Mon Véto, espère lui aussi attirer un investisseur capable de mettre sur la table plusieurs dizaines de millions d’euros de fonds propres. Côté banque d’affaires, les négociations sont menées sous la houlette d’Edmond de Rothschild. Encore pleinement aux mains de ses praticiens, Mon Veto a la réputation d’être dans le top 3 des soins vétérinaires en France, avec un peu moins de 200 centres. Il avait déjà collecté 100 millions d’euros auprès du fonds de dette privée Barings l’an passé pour financer son expansion territoriale.
Ces rapprochements avec des fonds doivent se conformer à une réglementation stricte : une majorité du capital et des droits de vote doivent rester aux mains des praticiens. Dans les faits, toutefois, des actionnaires non issus de la profession vétérinaire peuvent très bien avoir des intérêts financiers majoritaires, par exemple via la mise en place d’obligations convertibles ou d’actions de préférence.