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Continuer la lectureRadiologie : Excellence Imagerie suscite la convoitise des fonds
Les acteurs du private equity s’intéressent de près à ce grand réseau parisien de cabinets de radiologie. UI Investissement, son actuel actionnaire, étudie les options.
La tendance n’a pas donné lieu à beaucoup de publicité, même si quelques voix dénoncent la financiarisation du secteur… Les réseaux de radiologie libérale se tournent de plus en plus vers les fonds de private equity pour, entre autres, financer leur expansion sur le territoire français et développer leur parc de machines. Excellence Imagerie est l’un des premiers à avoir fait affaire avec une société d’investissement, UI Investissement, dès 2019. Et, selon nos informations, la structure et ses associés radiologues font l’objet d’avances d’autres fonds depuis quelque temps. UI Investissement s’est même entouré de Rothschild & Co pour « centraliser les appels entrants » et « être à l’écoute de ce que peuvent proposer les autres investisseurs intéressés par le réseau », confirme un proche de la société de gestion. Celui-ci précise toutefois qu’ « aucun mandat à proprement parler n’a pour l’instant été signé » en vue d’organiser une enchère autour de sa participation.
Dans le détail, le fonds détient 60 % du plateau technique d’Excellence Imagerie, la structure centrale de la chaîne. Les praticiens possèdent les 40 % restants et sont en parallèle actionnaires, seuls, des sociétés d’exercice libéral qui composent le réseau et travaillent en exclusivité pour lui. UI Investissement aurait engagé 45 millions d’euros dans le dossier en trois ans et demi de présence, et serait prêt à aller encore plus loin. Pas franchement pressé de céder sa place, il serait pour autant ouvert aux sollicitations. « S’il souhaite entrer dans Excellence Imagerie, un investisseur devra être prêt à mettre sur la table des moyens bien plus importants que ce que pourrait mettre UI Gestion pour financer le développement », continue la même source.
Excellence Imagerie est déjà un acteur de taille significative sur le marché français, avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 60 millions d’euros et un Ebitda, selon plusieurs sources, supérieur à 20 millions d’euros. Piloté par Alain Dana, le groupe s’est formé autour de l’Institut de radiologie de Paris, « paquebot » du secteur avec ses deux antennes situées avenue Hoche et boulevard Haussmann à Paris : il revendique 100 000 examens chaque année grâce à un parc de 28 machines (dont trois IRM). En 2020, Excellence Imagerie s’est, en outre, adjoint le Centre de sénologie et d’échographie Beaurepaire, près du canal Saint-Martin. L’an passé, il a mis la main sur le Centre d’imagerie médicale Faidherbe Mont Louis, dans le XIème arrondissement. L’ouverture d’un quatrième cabinet, avenue Mac Mahon (XVIIème), est au programme de 2023, en attendant une expansion ailleurs en Île-de-France, voire plus loin.
Un autre acteur pourrait faire l’objet d’une opération cette année. Selon nos informations, le bordelais Oradianse est lui aussi en pleine réflexion avec la banque d’affaires Edmond de Rothschild Corporate Finance pour faire entrer un investisseur. Comme chez Excellence Imagerie, un tel mouvement ne serait pas une première, puisque ce groupement s’était déjà discrètement financé auprès du fonds Initiative & Finance en 2021. Oradianse mène une stratégie différente de celle de son concurrent, multipliant les rachats de petites structures un peu partout en France. Il dispose aussi d’une plateforme de télémédecine qui permet à des praticiens officiant dans des CHU de donner leur diagnostic sur des radios réalisées dans des cabinets dits de proximité.
Les fonds intéressés par le secteur sont assez nombreux, surtout dans l’imagerie de coupe (IRM et scanners), là où les barrières à l’entrée sont fortes, toute exploitation d’équipements étant fortement régulée par les Agences régionales de santé (ARS). L’année 2022 a d’ailleurs été marquée par d’importantes opérations. Ardian a signé son entrée chez Simago sur la base d’une valorisation proche des 500 millions d’euros. Un autre fonds français, Parquest, s’est allié à l’assureur MACSF dans le regroupement de trois réseaux à Montpellier - Imacam, CRP-Faraday et I-Seris - pour un peu plus de 250 millions d’euros. Eurazeo, lui, a injecté 50 millions dans Imapôle, un acteur de la région lyonnaise tandis qu’Andera Partners, s’est engagé auprès de Resonance Imagerie. « Une petite dizaine de fonds qui ont été éconduits dans ces enchères n’ont pas dit leur dernier mot et attendent les prochaines occasions de se positionner », analyse un banquier d’affaires. Antin, BC Partners, Chequers et G-Square font partie de ces financiers qui se sont manifestés dans ces dossiers. Sans compter que d’autres acteurs s’intéressent aussi à l’imagerie, que ce soit les groupes de cliniques comme Elsan ou Vivalto Santé, mais aussi les laboratoires d’analyses médicales comme Inovie.