L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureBernard Bensaid (Groupe Avec) accusé d’escroquerie par un ancien associé
Alors que son groupe médico-social de 11000 salariés est en train de s’effondrer, l’homme d’affaires est mis en cause au pénal dans une affaire de réseau téléphonique.
Pour une fois, ce n’est pas pour une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire que Bernard Bensaid sera à la barre ce lundi 3 mars. Devant le tribunal judiciaire de Paris, il sera jugé pour escroquerie dans une affaire qui l’oppose à Loïc Texier, un de ses anciens associés au sein d’une ...
L’affaire commence en 2014. Loïc Texier est à l’époque un spécialiste des opérateurs de réseau mobile virtuel (MVNO pour Mobile Virtual Network Operator), ces sociétés qui louent le réseau des grands opérateurs pour vendre ensuite des forfaits sous leur marque. Il propose à Bernard Bensaid et son groupe Doctegestio (renommé Avec en 2021) de mettre au point une offre télécom dédiée aux personnes âgées et aux aides à domicile, avec des smartphones adaptés, dotés de détecteurs de chute par exemple..
En avril 2015, les deux partenaires créent Cello SAS, structure détenue à 75% par Doctegestio, entité représentée par Bernard Bensaid, et à 25 % par deux sociétés immatriculées à Tallin (Estonie), représentées par Loïc Texier. A sa création, Cello SAS est présidée par Bernard Bensaid. En avril 2017, alors que son groupe pèse désormais près de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires (contre 165 millions en 2015 et environ 600 millions fin 2023), Bernard Bensaid démissionne de la présidence et Loïc Texier lui succède. Mais deux ans plus tard, Loïc Texier demande la liquidation judiciaire de Cello SAS ! Pour ce dernier, c’est la faute du groupe Avec, qui n’aurait pas apporté les capitaux propres prévus dans les statuts ni réglé toutes ses factures à la société.
Les documents que l’Informé a pu consulter laissent comprendre qu’il y a eu des dysfonctionnements dès l’origine. Avant même d’être associé avec Bensaid , Loïc Texier aurait déjà rencontré des difficultés à se faire payer par Doctegestio quand il n’en était que sous-traitant. Dirigeant de Cello SAS sur le papier, il évoque dans une correspondance « un accès limité au compte bancaire de la société, et aucun pouvoir de décision ». Selon Pierre Farge, l’avocat de Texier, « c’est pour mieux organiser son impunité dans la chute alors programmée de la société, et l’insolvabilité qu’il est en train d’orchestrer » que Bernard Bensaid a décidé de se faire remplacer à la présidence de Cello SAS en avril 2017. Nommé président de Cello SAS, Loïc Texier serait en fait un « fusible », un « homme de paille », car la direction effective de Cello était toujours assurée par Bernard Bensaid. Ce qui est loin d’être anodin : suite à la mise en liquidation judiciaire de Cello, Loïc Texier fait l’objet d’une procédure de faillite personnelle. Une sanction très injuste aux yeux de Me Farge qui insiste sur « l’énergie et de la bonne foi » de Loïc Texier. Ce dernier aurait puisé dans ses deniers personnels pour payer des factures, et recruté un nouveau comptable, l’ancien ayant jeté l’éponge faute d’être réglé..
Toujours selon l’accusation, Cello SAS aurait à l’inverse constitué une très bonne affaire pour Bernard Bensaid. Le réseau de 3000 lignes téléphoniques mis en place à l’époque aurait été transféré pour seulement 30 000 euros et serait toujours opérationnel.
Texier demande à la justice de considérer que Bernard Bensaid comme dirigeant de fait de la SAS Cello, et entièrement responsable des faits reprochés, à savoir escroquerie, insuffisance d’actif pour faute de gestion et banqueroute. Il demande près de 360 000 euros de dommages et intérêts en réparation des préjudices matériels et moraux et souhaite que Bernard Bensaid, qui exerce des dizaines de mandats dans la galaxie Avec, soit interdit de diriger, administrer, gérer et contrôler une entreprise pour une durée de cinq ans.
Contacté, Bernard Bensaid indique que « ce n’est pas un sujet » et que son ex-associé « se venge ». « C’était lui qui gérait, il a déposé le bilan et maintenant il porte plainte contre moi, ce qui est injuste car c’est lui qui m’a escroqué », ajoute Bernard Bensaid, qui compte se faire représenter par son conseil à l’audience.