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Continuer la lectureLVMH décide d’arrêter le magazine Pour l’Éco
Racheté par le groupe de luxe en 2024 à Humensis, une filiale de Scor, le mensuel avait été transformé en supplément du quotidien des Échos. La nouvelle direction a finalement préféré le fermer.
Le magazine Pour l’Eco est victime de mesures d’économies. Ce média destiné à sensibiliser les plus jeunes aux enjeux d’argent et du business va fermer ses portes a appris l’Informé. Les équipes ont été averties le mois dernier de cette décision prise par Michèle Benbunan, la dirigeante du groupe les Échos - Le Parisien auquel le titre a été rattaché après son rachat par LVMH en 2024. « Bernard Arnault entretenait de très bonnes relations avec Denis Kessler, le patron de Scor, qui tenait beaucoup à ce magazine dont il était à l’origine en 2018, rappelle un journaliste. Après sa mort, LVMH l’a donc repris et a tenté de le relancer, mais on sentait bien qu’il vivotait depuis plusieurs mois. »
Peu après cette acquisition, le géant du luxe a d’abord fermé le site Internet, tout en maintenant les comptes sur les réseaux sociaux (25 300 abonnés sur Instagram, 17 000 sur Facebook et 1 483 sur TikTok). Il a modifié la périodicité en passant d’une parution mensuelle à une publication tous les deux mois. Surtout, il a abandonné le modèle centré sur l’abonnement (autour de 6 000 avant le rachat) auprès des étudiants, des professeurs d’économies et des centres de documentation des collèges et lycées. Le titre s’est retrouvé vendu en supplément des Échos. Un moyen de doper sa diffusion en s’appuyant sur les 141 000 exemplaires du quotidien et d’attirer ainsi les annonceurs.
Mais avec l’arrivée de Michèle Benbunan à la tête du groupe de presse, en remplacement de Pierre Louette débarqué par l’actionnaire fin janvier, tout a changé. Missionnée pour redresser les comptes, la sexagénaire cherche avant tout à se recentrer sur les vaisseaux amiraux. Avec 428 000 euros de pertes d’exploitations attendues en 2025 (contre 167 000 euros en 2024), Pour l’Eco ne cadrait donc plus avec la nouvelle stratégie. Dirigé par Stéphane Marchand depuis ses débuts, le magazine ne compte que deux journalistes à plein temps. L’un d’entre eux a déjà pris la clause de cession tandis que le second doit recevoir des propositions de reclassement dans le groupe les Échos.
Cette fermeture s’inscrit dans un plan plus vaste mené par Michèle Benbunan. Cette chasseuse de coûts prépare le déménagement des équipes de Paris à Puteaux afin de réaliser des économies sur les loyers. Du côté de l’hebdomadaire Challenges, autre titre maison, le nouveau directeur de la rédaction, Emmanuel Duteil, a promis un recentrage autour des sujets business et une réduction de la pagination. Enfin, l’institut de sondage OpinionWay est mis sur le marché, comme l’a révélé l’Informé. Contacté, les Échos-le Parisien n’a pas souhaité faire de commentaire.