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Médias - Culture

CMI, Libé, Editis… les multiples casquettes de Denis Olivennes lui rapportent gros

La société avec laquelle le représentant de Daniel Kretinsky facture ses prestations a engrangé de jolis bénéfices ces deux dernières années.

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JOEL SAGET / AFP

« J’ai trop de fonctions, je m’emmêle les pinceaux. » Dans un sourire fugace, Denis Olivennes se moque du lapsus qui vient de lui échapper sur le plateau de BFM Business en ce début mars : interviewé par Hedwige Chevrillon, il a qualifié Editis, numéro deux français de l’édition qu’il préside, de « groupe de presse ». Il faut dire que l’omniprésent dirigeant a de quoi s’y perdre un peu avec toutes ses missions. Rien que ces jours-ci, le sexagénaire supervise le lancement de la revue trimestrielle Vieux d’Antoine de Caunes (réalisé le 29 mai), négocie la vente du magazine Marianne, regarde le dossier de restructuration d’Atos, et planche sur le redressement d’Editis (Plon, Robert Laffont, Nathan, Cherche Midi…).

Multi casquettes, le patron est devenu la voix du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky en France. Il dirige ses activités dans l’édition mais aussi dans la presse, à la tête de CMI France (Marianne, Elle, Franc Tireur, Télé 7 Jours…). Il l’assiste également dans ses opérations, de la montée au capital de la Fnac à la reprise de Casino. Dans le même temps, il préside Presse Indépendante (la holding détenant le quotidien Libération) et son cabinet de conseil personnel Rise Conseil. À chaque fois, sa rémunération ne lui est pas versée en direct mais via sa société Doc (Denis Olivennes Conseil). Grâce à toutes ces missions, Doc tient la grande forme. Elle engrange plus de 1,2 million d’euros de chiffre d’affaires par an, avec une marge nette de 50 % en moyenne !

Depuis sa création, l’entreprise a dégagé 3,4 millions d’euros de profits nets. De quoi verser 2,35 millions d’euros de dividendes à Denis Olivennes ces deux dernières années (1,5 million d’euros en 2023 et 850 000 euros en 2022), a appris l’Informé. « Cette société a cinq ans d’existence et n’a pas distribué de dividendes pendant trois ans, nous précise l’homme-orchestre. Toutes mes activités professionnelles désormais, qu’il s’agisse de mission de conseil, de mandats ou d’investissement passent par cette structure. »

Dans cette myriade de jobs, certains rapportent plus que d’autres. Pour s’occuper de la maison mère de Libération, il facture 4 500 euros par mois. L’équivalent d’un « salaire brut mensuel de 3 275 euros » ajoute le dirigeant. À ce poste, c’est lui qui a négocié les apports de Daniel Kretinsky pour renflouer le quotidien. Pour l’instant, ils ont pris la forme d’emprunts obligataires : le premier (dont le taux est de 3 % au-dessus de l’Euribor) de 14 millions d’euros en 2022, et le second de 13 millions d’euros concédé l’an dernier. En mars 2026, le quotidien devra rembourser la première tranche.

Depuis novembre dernier, Denis Olivennes peut compter sur une nouvelle mission avec sa nomination à la présidence de la holding Editis, le deuxième groupe d’édition en France. Seul problème, cette nouvelle responsabilité l’a contraint à arrêter son émission sur Public Sénat Au bonheur des livres. En raison de conflit d’intérêts éventuel, il n’a pas renouvelé cette énième casquette à la rentrée 2023.

Elle pourrait aussi contrarier sa dernière vie : celle d’écrivain. Cet homme de centre gauche a écrit récemment trois essais aux éditions Albin Michel : Un étrange renoncement (2021) s’est écoulé à 3 396 exemplaires, Le délicieux malheur français (2019) s’est vendu à 4 962 copies et Mortelle transparence (2018) a trouvé 4 944 preneurs selon les chiffres de l’institut Gfk.