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Continuer la lectureLe fabricant de chaussettes Kindy placé en redressement judiciaire
La marque française de textile fait face à de graves difficultés, plombée par une très forte hausse de ses coûts de production et un marché de l’habillement morose.
Le marché textile fait une nouvelle victime. Et pas des moindres. Selon nos informations, le spécialiste des chaussettes made in France Kindy fait face à un redressement judiciaire. Créée dès les années 1960, un temps cotée en bourse et partenaire des plus grands (Adidas, Disney…), la marque ne manqu...
Incapable d’honorer ses diverses factures (la presse locale évoquait aussi des retards de paiement des salaires début octobre), le fabricant a sollicité -et obtenu- son placement en redressement judiciaire et restera sous surveillance durant six mois. Mi-décembre, lors d’un rendez-vous intermédiaire, un rapport économique déterminera si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à la poursuite de son activité, et si la période d’observation peut continuer. Kindy pourra-t-elle présenter un plan de redressement ? La question reste ouverte. Sollicitée par l’Informé, la direction n’avait pas encore répondu à nos questions au moment de la publication.
Des efforts insuffisants pour faire face à la hausse des coûts
Il faut dire que Kindy n’en est pas à ses premières difficultés. En 2017, les deux filiales de l’entreprise avaient déjà été rachetées à la barre du tribunal de commerce de Beauvais. L’activité chaussures de sport avait été reprise par le vendeur en ligne Spartoo. La branche dédiée aux chaussettes, avec son usine de Moliens (Oise), avait, quant à elle, été rachetée par deux entrepreneurs, Thierry Carpentier et Salih Halissi. Le premier a quitté le navire en 2020. Le second a cédé la présidence de la société l’an dernier, après un exercice 2022 difficile, marqué par un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros mais 1,5 million d’euros de pertes dans le même temps.
Pour faire face à la baisse importante de ses marges, Kindy avait alors envisagé une restructuration. Sourcing Project, l’entreprise formellement placée en redressement aujourd’hui (la filiale logistique n’est elle pas concernée), a contenu ses effectifs à une trentaine de salariés. Elle a aussi cédé des actifs immobiliers, et s’est même lancée brièvement dans le négoce d’autotests Covid-19. De quoi faire illusion puisque, en février dernier, l’entreprise (alliée pour la circonstance à Lee Cooper France, et Ibisler Tekstil) faisait partie du consortium ayant racheté l’enseigne de prêt-à-porter féminin Pimkie -elle aussi en grande difficultés- à la famille Mulliez.