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Continuer la lectureLes associés d’Audere (Natixis Partners) en discussions actives avec une banque américaine
Offre professionnelleAprès avoir commencé à prendre leur distance avec Natixis il y a deux ans, ces banquiers reconnus en private equity envisagent à nouveau de larguer les amarres.
Les liens entre les associés de Natixis Partners et leur maison-mère peuvent-ils durablement tenir ? La question était déjà de mise il y a deux ans, lorsque Patrick Maurel et les quatre autres grands spécialistes des deals de private equity de la maison - Ludovic Tron, Nicolas Segretain, François Rivalland et Bruno Stern - avaient négocié avec Jean-Marie Messier pour rejoindre sa structure de conseil en fusions-acquisitions. A l’issue de ce bras de fer inédit, où Natixis avait mis en exergue un risque de concurrence déloyale si l’équipe venait à partir, un accord avait été conclu en 2024 : les cinq banquiers d’affaires ont pu créer Audere Partners, une structure détenue par leur soin à hauteur de 65 % et par Natixis pour 35 %. A la clé, une autonomie renforcée, des ressources mises en commun et la conservation de la marque Natixis Partners qui a continué sa vie par ailleurs. Dès lors, les associés ouvraient la possibilité d’un jour monter à 100% de leur structure pour être totalement libres de leur destin… voire s’offrir à un autre gros acteur. Ce scénario pourrait prochainement se matérialiser, selon nos informations. D’autant qu’une clause de revoyure prévoit qu’Audere Partners et Natixis puissent redéfinir la nature de leur lien d’ici juin 2026.
Selon plusieurs sources, des discussions avancées sont en cours avec une banque d’affaires américaine : Houlihan Lokey. La firme originaire de Los Angeles cherche activement à se renforcer en France, un pays où sa présence ne se cantonne qu’à quelques spécialités. A date, elle n’y est active que dans les restructurations financières, dans les deals « tech » et, depuis le rachat de l’agent de placement Triago, dans le conseil en levée de fonds d’investissement et en private equity secondaire. Houlihan Lokey recherche donc d’autres pointures pour étendre son influence dans l’Hexagone et a, à ce titre, contacté plusieurs établissements ces derniers mois. Si les discussions avec les associés d’Audere parviennent à un accord, la banque américaine aurait l’occasion de mettre la main sur une équipe qui, outre son implantation historique dans le private equity, dispose d’expertises sectorielles, notamment dans la santé et les services aux entreprises. Audere a aussi discrètement constitué Comes Capital Partners, une société d’investissement pilotée par Patrick Maurel et Bruno Stern, destinée à accompagner son activité de conseil, comme l’a révélé l’Informé l’an dernier. Tandis que les banquiers Olivier Dardel et Driss Mernissi animent une branche dédiée au conseil à l’achat. Mais si ces deux professionnels sont devenus les principaux porte-étendards de Natixis Partners sur les deals de place, leur présence dans un nouvel ensemble n’est à ce jour pas garantie.
Dirigé par Yann Le Fur depuis la prise de distance des associés d’Audere, Natixis Partners a vu ses commissions divisées par deux entre 2023 et 2024 pour tomber à une quarantaine de millions d’euros, notamment sous l’effet de la déconsolidation de l’activité private equity. Conséquence directe : l’entité est passée d’un bénéfice net de 5,5 millions d’euros à une perte de 23 millions. De son côté, dans un marché du private equity compliqué, Audere doit affronter la vive concurrence des Rotshchild & Co, Lazard, Amala Partners, Evercore ou Edmond de Rothschild, entre autres. Si l’équipe « buy-side » a été à la manœuvre sur quelques deals emblématiques (LBO de Bain Capital sur Softway, de Cinven sur Nutrisens…), les banquiers positionnés à la vente se sont montrés plus discrets depuis 18 mois. Mais « les synergies entre ces spécialistes du non coté et Natixis ne se sont jamais réellement matérialisées et cette prise de distance progressive en est l’illustration », constate un proche du dossier. Reste à savoir si le détricotage des liens va bel et bien s’opérer et si l’équipe Audere se voit un avenir au sein d’une banque américaine… ou en tant que structure pleinement indépendante.
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