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Finance - Conseil

Le fonds Galiena Capital a été sanctionné par France Invest... en catimini

Les pratiques du fonds d’investissement dirigé par Benoît Panhard et Pascal Noguera ont été épinglées par l’organisation référente des sociétés de gestion et de conseil.

G1RM1D private equity concept on the gearwheels, 3D rendering
G1RM1D private equity concept on the gearwheels, 3D rendering Alamy Stock Photo / Abaca

Le verdict est tombé pour Galiena capital. Selon nos informations, le fonds d’investissement dirigé par Benoît Panhard et Pascal Noguera s’est vu infliger un rappel à l’ordre par la commission de déontologie de France Invest, l’association des fonds français de private equity. Une mise en garde liée ...

À l’époque, le fonds avait assuré aux autres actionnaires avoir reçu l’offre d’un tiers portant sur 100 % des titres, les obligeant à céder l’intégralité des leurs parts comme le prévoyait le pacte d’actionnaires. Problème : la sincérité de l’offre pose question. D’abord parce que l’acquéreur annoncé par Galiena - le fonds Access Capital Partners - a expliqué devant la justice « n’avoir jamais formulé d’offre » ; ensuite parce que les fondateurs de Scentys se sont rendu compte a posteriori que les véhicules financiers ayant servi au rachat étaient en réalité des faux nez de Galiena…

Face à ces éléments, la commission disciplinaire a donc choisi de rappeler à Galiena le bien-fondé des règles déontologiques… Mais en toute discrétion. Le processus de surveillance de France Invest reste organisé de façon à limiter au maximum toute mauvaise publicité sur les agissements problématiques des fonds indélicats. Mutique sur les dossiers dont elle est saisie, tous soumis à la plus stricte confidentialité, l’instance de surveillance de l’organisation lave son linge sale en famille. Pour remettre dans le droit chemin les membres mis en cause, elle dispose d’un éventail de mesures, allant du rappel à l’ordre à la radiation. Mais seul ce dernier cas entraîne une notification à l’Autorité des marchés financiers (AMF). Le reste se règle en interne et, surtout, sans bruit. Les décisions de l’instance sont ainsi « mises en ligne de manière anonyme sur le site de France Invest sous forme de fiches de jurisprudence », indique le site de France Invest. C’est seulement en cas d’atteinte « d’une particulière gravité à la profession » que l’organe disciplinaire se réserve le droit de lever le voile sur l’identité du mis en cause.

Une omerta bien intégrée

La saisine de la commission de déontologie relève, elle aussi, du secret bien gardé. Pour éviter que d’éventuels litiges ne fuitent, un engagement de confidentialité doit être signé par le plaignant et le mis en cause. L’existence même d’une procédure devant la commission ne doit pas être divulguée ! Quant au verdict, seul le plaignant peut en prendre connaissance, « au siège de l’association », « en présence d’un membre de l’équipe permanente de France Invest et sans possibilité de photocopier ou d’enregistrer une transcription sonore »... Cette omerta semble tout à fait intégrée. Interrogé par l’Informé, le fondateur de Scentys David Suissa n’a pas voulu nous répondre. Le fonds Galiena n’est guère plus disert : « nous sommes sereins et nous respectons les règles édictées par les instances professionnelles », assure seulement Benoît Panhard. Les instances dirigeantes de France Invest, elles-mêmes, revendiquent leur distance avec la commission « afin de garantir son indépendance ». « La non-publication des sanctions in extenso permet de ne pas clouer au pilori des entreprises sur des éléments souvent difficiles à comprendre juridiquement. Et l’impact est très important même si les noms ne sont pas indiqués », veut croire un membre de la commission de déontologie.

Dans un milieu où la quête d’argent auprès des investisseurs constitue le nerf de la guerre, cette discrétion de violette sur les litiges reste la meilleure façon de préserver la réputation des sociétés mises en cause. Quitte à donner l’impression d’un entre-soi protégé.

« Si les sanctions étaient connues, elles renforceraient les bonnes pratiques de façon plus efficace et élimineraient les moutons noirs du private equity, gage un observateur du secteur. Les souscripteurs ayant placé leurs billes dans les véhicules financiers de sociétés de gestion dont les méthodes sont considérées par France Invest comme litigieuses pourraient décider d’en confier le pilotage à d’autres. ». Jusqu’à l’an dernier, le marché semblait toujours faire confiance à Galiena. La société, qui compte Bpifrance dans ses investisseurs, a ainsi lancé un nouveau fonds (Galiena Capital III) et réalisé un premier closing à 100 millions d’euros au deuxième trimestre 2023. Ce rappel à l’ordre par l’instance disciplinaire de France Invest pourrait changer la donne.