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Finance - Conseil

Au pied du mur, Risk & Co appelle ses concurrents à la rescousse

Plombé par ses dettes, le groupe d’intelligence économique a entamé une procédure de conciliation et sollicité l’aide des principaux acteurs du secteur.

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Artur Debat / Moment Editorial/Getty Images

Semaine cruciale pour Risk & Co. Selon nos informations, Philippe Demigné, le manager de transition à la tête du cabinet PHD Management et Conseil, nommé président du groupe d’intelligence économique en mars, a initié une procédure de conciliation auprès du tribunal de commerce en raison des difficultés croissantes de la société. Voulant s’adosser à une plus grosse entreprise pour mieux faire face à ses créanciers, Demigné a décroché son téléphone et contacté les principaux acteurs du secteur, notamment l’ADIT, Amarante International et Scutum Security First. Aucun accord n’a été trouvé à ce stade.

Toujours selon nos sources, l’un des principaux actionnaires de la holding Anticip (propriétaire de Risk & Co), le fonds de la maison princière de Liechtenstein LGT Capital Partners, commence à réfléchir à une porte de sortie. L’autre actionnaire d’envergure, la holding Batipart de l’homme d’affaires Charles Ruggieri, proche du président déchu de Risk & Co Richard Terzan, adopte une position plus attentiste. Les deux fonds ont déjà réinjecté plusieurs millions d’euros dans l’entreprise au cours des dernières années.

« Les discussions sont régulières entre confrères français pour rechercher ensemble une taille critique face à la concurrence internationale. (…), Indique Risk & Co à l’Informé, sans toutefois confirmer nos informations. Il y a clairement un enjeu de consolidation et de souveraineté indirecte sur des prestations sensibles pour l’État et les entreprises françaises. » Et d’ajouter : « Les actionnaires accompagnent Risk & Co depuis plusieurs années notamment pour développer la cyber et consolider les activités de sûreté à l’international. »

S’adapter ou mourir

Les pertes déclarées d’Anticip sont passées de 1,33 million d’euros en 2019 à 2,78 millions d’euros en 2021. L’entreprise a notamment pâti du long conflit entre les deux associés fondateurs, Richard Terzan et Cyrille Peguilhan de Sartoux. Cette brouille s’est soldée à l’été 2021 par le départ du second, entraînant dans son sillage celui de nombreux cadres historiques de l’entreprise, comme dévoilé par Intelligence Online, fragilisant la société vis-à-vis de certains de ses clients grands comptes (TotalEnergies, Groupe ADP, etc).

Également confronté au recul de son activité historique d’ingénierie de sûreté dans les pays à risque, Risk & Co a misé sur le cyber et pu décrocher des contrats d’ampleur, notamment de 2018 à 2022 au sein d’un consortium mené par la société CINES pour le compte de la Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information (DIRISI) du ministère des armées. Mais cela n’a pas suffi à redresser la barre.