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Continuer la lectureTER, bus… les voyageurs de la région Sud pourront acheter leurs billets dans une seule application
Alors que Transdev vient exploiter une ligne TER face à la SNCF, la région en profite pour préparer un guichet unique pour tous les déplacements. Comme en Île-de-France.
En pointe sur l’ouverture à la concurrence des lignes TER, la région Sud veut rattraper son retard dans la billettique. Elle a lancé un appel d’offres pour créer son propre système d’informations et de paiement qui, à terme, pourra être commun à tous les réseaux de transports de la région, que ce soit les trains, les autocars interurbains ou les bus des intercommunalités. En clair, on pourra utiliser des sites web, applications mobiles et bornes physiques uniques pour acheter ses billets de transports ou consulter les horaires des trajets, quand bien même ceux-ci sont opérés par des acteurs différents. La région présidée par Renaud Muselier prend le chemin de nombreuses homologues qui proposent déjà à leurs administrés ce type de point d’entrée unique. C’est le cas de l’offre Navigo-Comutitres en Île-de-France ou de la coordination par la région d’opérateurs locaux, comme Oùra en Auvergne-Rhône-Alpes, Modalis en Nouvelle-Aquitaine ou KorriGo en Bretagne.
Désormais « autorités organisatrices de la mobilité » et propriétaires des trains circulant sur les lignes TER, les régions entendent bien avoir la maîtrise de leur « marque transport » face aux usagers qui sont aussi leurs électeurs. Pour la région Sud, il y a surtout urgence car un nouvel opérateur s’ajoutera à la SNCF pour l’exploitation des lignes ferroviaires régionales au 1er janvier 2025. À cette date, ce sera Transdev, une filiale de la Caisse des dépôts et consignations et de l’allemand Rethmann, qui exploitera en effet la ligne reliant les trois métropoles régionales Marseille, Toulon et Nice, avec 14 allers-retours quotidiens plutôt que 7 jusqu’à présent.
Et la Région veut éviter toute cacophonie dans l’achat de billets au moment du passage de relais. Elle entend disposer au préalable de son propre système, en état de fonctionnement. « Il devra être souple, innovant et favorisant l’interopérabilité entre les différents modes de transport et autorités organisatrices, explique à l’Informé Jean-Pierre Serrus, le vice-président du Conseil régional chargé des transports et maire (Renaissance) de La Roque d’Anthéron. Si on veut être au rendez-vous du report modal et de la décarbonation il faut disposer le plus rapidement possible de solutions simples et puissantes pour les transports collectifs ».
Selon les termes de la délégation de service publique, le nouveau système dit Sibr (pour « système d’information et de billettique régional ») doit intégrer les informations émanant de chacun des opérateurs de transports ferroviaires et routiers de la région, gérer la tarification, les moyens de paiements et le contrôle d’accès ainsi que la gestion des flux financiers vers les opérateurs et les autorités organisatrices. « L’objectif de notre démarche est d’améliorer l’expérience-voyageur, affirme Jean-Pierre Serrus. Les usagers ne supportent plus de consulter plusieurs sites pour savoir comment se déplacer : il leur faut une porte d’entrée unique pour prévoir leurs trajets et acheter leurs titres de transport ».
Plusieurs fois repoussé, l’appel d’offres devrait être attribué après l’été. Deux groupements sont dans la course, selon nos informations. Le premier réunit Conduent, un spécialiste de la billettique issu de Xerox, qui réalise déjà la billetique des transports d’Auvergne Rhône-Alpes ou d’Île-de-France, et la société d’ingénierie d’infrastructures Egis.
Plus surprenant est le groupement concurrent qui voit le leader de la transformation numérique Capgemini s’allier avec la SNCF. Le groupe public, évincé en 2021 de la ligne TER Marseille-Nice, entend bien se maintenir sur un maximum des marchés ouverts à la concurrence. « Nous nous porterons candidats sur tous les appels d’offres », assurait en début d’année un porte-parole de la compagnie à L’Informé. L’entreprise présidée par Jean-Pierre Farandou a ainsi conservé l’exploitation des lignes régionales autour d’Amiens mise en lice par la région Hauts-de-France. Et elle est candidate pour les lignes TER bientôt attribuées par les Pays de la Loire comme le Grand Est. Nul doute qu’elle se positionnera aussi sur les deux réseaux TER Provence-Est et Provence Ouest dont la région Sud a ouvert en février la préconsultation (pour une mise en service prévue en 2029).