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Continuer la lectureVidéos en ligne : ce que demande l’Arcom à Netflix ou YouTube pour limiter les gaz à effet de serre
L’Informé s’est procuré la recommandation que va publier l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) visant à informer l’utilisateur de l’impact environnemental des services audiovisuels.
Quels sont les écogestes à suivre en matière de consommation de vidéo en ligne ? C’est à cette question que le législateur a voulu répondre dans la loi sur l’empreinte environnementale du numérique. Durant les travaux parlementaires, les sénateurs avaient souhaité aller très loin pour sensibiliser les internautes ou vidéonautes : ils voulaient obliger Netflix, YouTube, Canal+ ou Prime Video à indiquer à leurs utilisateurs le volume de données consommé et le niveau de pollution qui en découlait. Suite à un amendement gouvernemental, la loi s’est contentée d’une simple recommandation, destinée à servir de base à de bonnes pratiques chez les acteurs les plus vertueux. Après une consultation publique lancée en décembre 2022, c’est l’Arcom qui a été chargée de rédiger cette liste de bonnes pratiques, en collaboration avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep).
Suivant les vœux du législateur, cette recommandation invite les plateformes mais aussi les chaînes de TV en ligne à informer les utilisateurs « en matière d’équivalents d’émissions de gaz à effet de serre de la consommation de données liée à l’utilisation de ces services, en tenant compte notamment des modalités d’accès à ces contenus (ADSL, fibre etc. NLDR) et de la qualité de leur affichage »., Dans le document final, qui devrait être publié ce mercredi au Journal officiel, les trois autorités mandatées estiment d’entrée cette information essentielle, les flux vidéo représentant « 66 % du trafic internet mondial en 2022 » et le numérique, dans sa globalité, près de 2,5 % de l’empreinte carbone des Français en 2020, soit 17,2 millions de tonnes équivalent CO2. Un niveau qui pourrait tripler à horizon 2050. Sachant que les équipements (terminaux, centres de données, infrastructures réseaux) représentent beaucoup plus : 78 % de l’empreinte carbone du numérique pour leur fabrication et 21 % pour leur utilisation.
Quelles sont les pistes soufflées par l’Arcom et ses partenaires aux plateformes et aux services de télévision en ligne ? La recommandation leur suggère déjà de diffuser une information générale afin de rappeler aux usagers que l’intensité de l’impact écologique « est fonction de divers facteurs, en particulier les choix en matière de qualité d’image, les modalités techniques d’accès et la combinaison des deux ». Des informations plus quantitatives pourraient accompagner ce premier volet, sous réserve de disponibilité de données fiables. Sur ce point, les diffuseurs de vidéos sont invités « à mettre en place, avec d’autres acteurs du secteur numérique et audiovisuel, une méthodologie commune de calcul de l’impact environnemental des usages audiovisuels liés à l’utilisation de leurs services en 2024 ».
YouTube, Netflix, TF1 ou Disney+ sont également incités à mettre en œuvre des actions beaucoup plus concrètes, toujours dans l’optique de réduire l’empreinte environnementale. Cela pourrait passer par l’usage de CODEC (encodage et décodage de flux vidéo) efficace ou des solutions de « sobriété énergétique ». La recommandation imagine, lorsque cela s’avère techniquement possible, une série de réglages « respectueux de l’environnement ». En un ou deux clics, ils entraîneraient une réduction automatique de la taille et de la qualité d’image. Les services en ligne pourraient aussi désactiver la lecture automatique de vidéos afin d’éviter le transfert de données inutiles.
Chaînes et plateformes sont invitées aussi à faire de la pédagogie pour des comportements plus sobres. Cela passerait par des messages incitatifs adressés aux utilisateurs, du type : « éteindre les terminaux et équipements numériques lorsqu’ils ne sont pas utilisés », « privilégier l’accès aux contenus en réseau fixe lorsque cela est possible », etc. Ces écogestes pourraient être affichés sur un bandeau d’information ou dans une rubrique dès la page d’accueil des sites. L’Arcom, l’ADEME et l’Arcep imaginent aussi une grande campagne de communication commune lancée par les chaînes de télévision, Netflix et YouTube afin de sensibiliser le public sur l’impact environnemental lié à la consommation de leurs contenus. « Cette campagne [serait] diffusée ou mise à disposition du public au cours d’une semaine au moins, chaque année, par exemple à l’occasion de la semaine européenne du développement durable ».
L’Arcom demande enfin à l’ensemble des services audiovisuels de l’informer chaque année de la mise en œuvre de cette recommandation (au plus tard le 31 mars pour l’exercice précédent), accompagnés d’indicateurs chiffrés permettant de jauger de l’efficacité des mesures mises en place, et de suggestions d’améliorations pour les années à venir. L’autorité promet de dresser un bilan à l’issue des deux premières années.